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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 20:55
Après le livre de Jane Austen, qui a donné lieu à téléfilms, films et nombreux ouvrages dérivés, voici la version théâtre du roman préféré des Anglais (d'après une enquête de 2003 si ma mémoire est bonne).

Eh bien, je peux vous dire que c'était très réussi !!! J'ai tout simplement a-do-ré !!! Et je n'étais pas la seule, à voir et entendre les réactions de la salle...


Ainsi, jeudi 12 novembre, au Cambridge Arts Theatre, j'ai assisté à la représentation de Pride and Prejudice, produite par le Theatre Royal Bath Productions, adapté par Simon Reade et mis en scène par Toby Frow. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur cette production, je suis tombée sur ce site en faisant des recherches et contient plein d'infos : équipe au complet, photos (que vous verrez ci dessous)... Cliquez ici !



Présentée en tête d'affiche, Susan Hampshire (The Forsythe Saga, Vanity Fair, ...) campait la fameuse Mrs Bennet. Et son interprétation était excellente ! Elle m'a vraiment convaincue. Je me demande même si ce n'est pas finalement ma Mrs Bennet préférée !
Face à elle une équipe de comédiens plein d'énergie et d'enthousiasme, menée par Katie Lightfood - jeune diplômée de RADA (la meilleure école de théâtre anglaise) que vous avez pu apercevoir dans The Turn of the Screw (BBC) - en Elizabeth Bennet. Les comédiens ont réussi à faire vivre les magnifiques mots de Jane Austen, superbement mis en valeur par une mise en scène ingénieuse et dynamique.

Beaucoup de mots, me reprocherez-vous, mais concrètement, comment c'était ???

La mise en scène respectait l'époque du livre, comme vous pouvez le voir par les costumes.

De gauche à droite: Lizzie, Mary, Lydia, Mr Bennet assis et Kitty

De nombreuses scènes de danse ponctuaient joyeusement la pièce.


D'ailleurs, cette photo vous donne une bonne idée de l'espace scénique.

Les décors étaient sobres, mais suggéraient bien l'ambiance.

De gauche à droite: Jane, Lizzie (en bleu), Mary (et son violon sur la table), Mrs Bennet

Mary Bennet a vu son rôle quelque peu modifié (étoffé), car la comédienne, munie d'un violon, avait un rôle central : elle lançait les scènes de quelques notes, emmenait les danseurs dans les scènes de bal, ou encore nous faisant ressentir les émotions agitant les héros.

De son côté, Mr Collins est mon petit coup de coeur : une interprétation entièrement dans l'excès, mais très réussie, hilarante. Imaginez vous une sorte de Mr Collins en Mr Bean au niveau des expressions... Génial !!!

Mr Bingley était très charmant et attachant.



Quant à sa soeur, une vraie tête à claque...

De gauche à droite, Darcy, Bingley, et Caroline Bingley

Mr Darcy était un "beau ténébreux"...


...malheureusement, j'ai trouvé son jeu un peu trop uniforme.

La complicité entre les personnages fonctionnait à merveille : ici, l'arrivée au bal de Netherfield : Mrs Bennet, sa soeur, et ses filles : Kitty, Lydia et Jane accueillies par Mr Bingley.



Finalement, le personnage de Mr Bennet était un peu effacé (faire tenir en 2h un livre tel que Pride & Prejudice, sur scène, est un vrai challenge !). Mais cela convenait bien à ce que ce personnage peut dégager / représenter. Car je ne dis pas non plus qu'il était transparent ou absent ! Non, on ressentait bien la complicité avec Lizzie d'ailleurs !

Mr Bennet, lettre en main, lettre annonçant l'arrivée de Mr Collins !

J'ai aussi apprécié le traitement de la relation Mrs / Mr Bennet, qui était plus proche du roman que celle du film 2005 (je me souviens de quelques discussions que cela avait suscité à l'Auberge).

Voici justement Mrs Bennet, à bouts de nerfs alors que sa fille a disparu, entourée par trois de ses filles (Mary à gauche, Lizzie et Jane)




En conclusion, une soirée exceptionnelle que je ne suis pas prête d'oublier !

Darcy et Lizzie
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 17:21

Je continue à recycler certains de mes posts de l'Auberge, qui me tiennent particulièrement à coeur. Et c'est le cas du ballet Blanche Neige, de Preljocaj, vu au Deutsche Oper de Berlin en mai 2009.


Le ballet était dansé par la troupe du Staatsballett Berlin, et les interprètes incarnaient leur rôle avec talent et passion. C'était génial. Il faut dire qu'en tant que création contemporaine (au sens premier, c'est à dire créé aujourd'hui), le ballet est accessible. Certes, il y a des passages un peu longuets (notamment les scènes au château, avec le corps de ballet), mais d’autres vraiment sublimes (pas de deux entre Blanche-Neige et le Prince par exemple).

Pour commencer, une petite photo des répétitions (on voit le chorégraphe sur la droite, devant le miroir)




Voici ce que Angelin Preljocaj écrit (source : www.preljocaj.org) à propos de son ballet :

 


"J'avais très envie de raconter une histoire, d'ouvrir une parenthèse féerique et enchantée. Pour ne pas tomber dans mes propres ornières sans doute. Et aussi parce que, comme tout le monde, j’adore les histoires. Je suis fidèle à la version des frères Grimm, à quelques variations personnelles près, fondées sur mon analyse des symboles du conte. Bettelheim décrit Blanche Neige comme le lieu d’un œdipe inversé. La marâtre est sans doute le personnage central du conte. C'est elle aussi que j'interroge à travers sa volonté narcissique de ne pas renoncer à la séduction et à sa place de femme, quitte à sacrifier sa belle fille. L’intelligence des symboles appartient aux adultes autant qu'aux enfants, elle parle à tous et c’est pour cela que j'aime les contes.
Blanche Neige est un ballet narratif, avec une dramaturgie. Les lieux sont représentés par les décors de Thierry Leproust. Les 26 danseurs de la compagnie incarnent les personnages dans des costumes de Jean Paul Gaultier.
"


Ajoutons que la musique est une alternance d’extraits de Mahler et de musique électroacoustique. Ce mélange des genres ne choque pas du tout, et convient parfaitement aux changements d’atmosphère, de décors, de lumière (d’ailleurs, j’en profite pour dire que la mise en lumières est vraiment géniale).


A présent, je vais vous raconter un peu plus dans le détail ce que j’ai aimé, en suivant (plutôt devrais-je dire en tentant ) de suivre l’ordre narratif du ballet, qui suit celui du conte des frères Grimm.

Le ballet commence par la naissance de Blanche-Neige. Le plateau est vide, et la mère de Blanche-Neige, toute de noir vêtue, s’avance difficilement. On sent toute la douleur de l’enfantement à travers ce chemin difficile vers la vie (naissance de sa fille) et sa mort. J’ai vraiment retenu mon souffle pendant toute cette diagonale si lente, si pénible, dans la solitude (et si bien incarnée par la danseuse)

Puis le père prend sa fille dans ses bras, et le bébé devient petite fille puis jeune femme. Petit commentaire au passage sur le costume de Blanche-Neige. J’adore vraiment le jeu sur la transparence et le côté nu, mais par contre, je n’aime pas du tout le devant du costume qui, pardonnez-moi d’être si prosaïque, fait couche-culotte.

Je trouve que tout ce début de ballet s’inscrit dans la tradition des grands ballets classiques : le tout début assez sombre me fait penser à la transformation de la princesse en cygne par Rothbart dans Le Lac des Cygnes. Puis le « premier acte » me fait penser à beaucoup de ballets classiques : le corps de ballet qui danse ensemble au château, avec souvent les hommes qui enchaînent une série de sauts impressionnants, les filles qui dansent aussi de leur côté...



... et avec le danseur principal et/ou l’héroïne qui font leurs premiers pas.

C’est aussi là que le Prince et Blanche-Neige se rencontrent.
Au premier abord, le costume du prince en orange fluo avec bretelles est assez étonnant mais on s’y fait … D’ailleurs, je trouve cela intéressant de jouer à fond la carte du cliché « rose bonbon » des contes de fées et d’aller dans des couleurs en s'affirmant dans un côté excessif conte de fées !



Puis l’arrivée de la méchante belle-mère, sorcière de son état m’a directement rappelé l’arrivée de la Fée Carabosse avec ses rats dans La Belle au Bois Dormant. L’interprétation était vraiment superbe (la danseuse avait beaucoup de talent ! il est souvent difficile je trouve de donner corps et vie à ses personnages méchants, et d’aller au bout de toutes les intentions et tous les mouvements, de donner l’énergie nécessaire pour faire donner des frissons de peur au public !).



L’arrivée de la belle-mère s’ensuit d’ailleurs d’un changement de décor de l’apparition du fameux miroir magique.



Blanche-Neige en se promenant dans la forêt, va tomber sur des sortes d’esprits des bois (c’est ainsi que je l’interprète) et de nymphes, avec qui elle va danser.


Puis elle va aussi retrouver son prince. Et là, c’est le premier coup de foudre pour moi : ce pas de deux, comme les autres pas de deux entre le prince et Blanche-Neige sont extraordinaires. Pour moi (et mes amies d’ailleurs), le temps était suspendu pendant ces moments-là. Et pour moi, Preljocaj est un génie des portées, absolument sublimes.

 

 

Mais voilà, la sorcière est là à surveiller son miroir magique, et ce n’est plus est la plus belle … Alors elle demande à trois chasseurs de rapporter le cœur de Blanche-Neige…



J’ai beaucoup aimé le décor de la forêt (je n’ai malheureusement pas d’image) ainsi que la mise en lumière. On ressent vraiment bien l’atmosphère grâce à ces éléments. La scène des chasseurs et de Blanche-Neige est bien rendue : on sent la peur de Blanche-Neige, la manière dont elle est prise au piège. Encore une occasion de faire de magnifiques portés au passage … (désolée de me répéter, mais je n’ai pas fini de louer la beauté des portés de ce chorégraphe ! ). Les chasseurs ne peuvent pas aller au bout de leur geste et poignarder Blanche-Neige. Alors ils la laissent s’enfuir entre les arbres. Et survient la biche qui dont le cœur sera offert à la sorcière. Symbolique ou non, la biche, avant d’être tuée, suit la même diagonale que la mère de Blanche-Neige avant sa mort…



Mais la méchante sorcière le voit … Et elle décide d’empoisonner Blanche-Neige, prépare la fatale pomme et se déguise en vieille dame …

Pendant ce temps, Blanche-Neige a fui sans savoir où elle allait. Et rencontre les 7 nains. Ces derniers ont vraiment été très appréciés du public ! Suspendus à des fils, ils virevoltent comme des acrobates sur le mur de fond, décor de montage agrémenté de trous desquels ils entrent et sortent. Tout l'espace scénique est ainsi occupé. Quelle ingéniosité ! Et ça marche !
Ils trouvent alors Blanche-Neige endormie.



J’aime le passage où Blanche-Neige tente de s’intégrer à leur groupe, en entrant progressivement dans leur danse, d’abord en regardant, puis en tentant, en hésitant, en recommençant, puis en dansant à part entière avec eux.

Mais l’histoire suit son cours, et la méchante belle-mère retrouve Blanche-Neige. Elle tente de l’attendrir. L’innocente jeune femme aide alors la vieille. Celle-ci la convainc à prendre la pomme. Une fois que celle-ci accepte de la prendre et de la croquer, la sorcière se découvre. La scène est violente, on sent que la sorcière est en train de tuer Blanche-Neige.



Et Blanche-Neige est laissée là pour morte. Avant que les nains ne la trouvent, une forme noire descend du ciel… C’est la mère de Blanche-Neige. Moment magnifique et triste… Pendant tout ce passage, la danseuse qui incarne la mère reste suspendue. A un moment, elle prend sa fille dans ses bras, et la soulève lentement, avant de la reposer. C’est tellement beau : ce mélange du blanc et du noir de leurs costumes respectifs, ce mariage de la vie et de la mort, cette brève rencontre entre la mère et la fille…

Puis les nains retrouvent Blanche-Neige et la mettent dans son cercueil de verre. Plus précisément, ils la déposent sur une plaque transparente, symbolisant le cercueil. Le prince retrouve alors sa bien-aimée … Mais elle est morte. S’ensuit un pas de deux sublime pendant lequel le prince danse avec Blanche-Neige, dont le corps est complètement détendu, comme si elle était morte. Ce passage est très impressionnant. On ressent toute la douleur du prince. Et les portés sont vraiment très beaux.



Heureusement qu’il pense à l’embrasser ! Car Blanche-Neige peut alors revenir tout doucement à la vie...

Comme dans les grands ballets classiques, on revient alors à la cour du roi pour le mariage. Tout le monde est là pour célébrer le bonheur du couple.



Et le ballet s’achève, un peu comme le conte des frères Grimm, sur la méchante sorcière qui est punie et ici condamnée à danser (d’ailleurs cette danse m’a un peu fait penser par certains côtés au Boléro de Béjart).



Un peu moins de 2h de rêve...

 

Pour INFO : cet hiver (fin décembre 2009, début janvier 2010), le ballet est repris au Théâtre National de Chaillot (Paris)

Vous pouvez aussi trouver plein d'infos, photos et vidéos sur le site du Ballet Preljocaj cité plus haut.

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 18:02
Je suis allée voir le film documentaire "La danse, le ballet de l'Opéra de Paris" de Frederick Wiseman au cinéma. Et j'ai un mal fou à écrire un billet à ce sujet. Car c'est un thème que j'adore. Et j'ai une impression amère d'énorme gâchis...

Attention, billet très très subjectif de ma part. Je vous livre ici mes impressions, ce que j'ai ressenti...




Objectivement, de quoi s'agit-il ?

Pendant 7 semaines, Frédérick Wiseman a filmé la vie de l'Opéra de Paris, du balayeur aux danseurs, des poissons du lac souterrain aux abeilles des toits, de l'administration aux vendeurs de programme.

C'est donc un documentaire qui nous est donné à voir, avec comme choix de laisser parler les images pour elles-mêmes, sans texte, sans sous titre, sans aucune intervention extérieure (donc pas de voix off), ni interview ni regard caméra.

Où l'on passe dans le subjectif du billet...

Sur le principe, je conçois intellectuellement les choix qui sont faits. Ce que je préfère, c'est regarder les
danseurs travailler, sans qu'on nous explique ce qu'ils font.

Par exemple ici, le corps de ballet en pleine répétition


C'est de voir comment fonctionne cette maison, à tous les niveaux.



Mais le problème, c'est qu'on a aucune information. Par exemple, pouf, on tombe sur une répétition. On voit un chorégraphe et des danseurs en plein travail, mais on ne sait pas sur quoi ils travaillent, ni qui ils sont. Alors on essaie de deviner, et on passe à côté de beaucoup de choses. Par exemple, à un moment, j'ai compris qu'un des ballets qui était travaillé était sur le thème de Médée.

Le Songe de Médée, chorégraphie d'A. Prejlocaj

Mais si dès les premières images, le réalisateur s'était débrouillé pour mentionner Médée (par une image, ou le nom mentionné par les danseurs), on peut beaucoup mieux comprendre et apprécier le travail du corps, le travail sur l'expression, sur le jeu, l'incarnation d'un personnage.

Le Songe de Médée

Alors que là, on regarde sans rien comprendre... Certes, il y a des moments où il est agréable de se laisser porter par des images, mais parfois, un minimum d'infos aident à comprendre et à mieux apprécier et admirer...

Par exemple, j'ai adoré le travail du chorégraphe Wayne McGregor, Genus. Enfin, il a fallu que j'attende la fin pour savoir de qui et de quoi il s'agissait... Et je dois avouer que c'était très frustrant pendant le film de me demander s'il s'agissait d'un chorégraphe que j'avais déjà vu, etc


C'est très impressionnant, et superbe... Quels danseurs extraordinaires...



Imaginez quelqu'un qui ne connaît rien à l'Opéra de Paris. Ils voient Brigitte Lefèvre parler. S'ils ne savent pas qui est là (à savoir la directrice du Ballet de l'Opéra de Paris), difficile de comprendre ce que vient faire là cette femme au téléphone. Alors, certes, au bout d'un moment, on comprend, on devine...

Je me suis rendue compte que c'était lorsque je reconnaissais le chorégraphe et le ballet, que j'appréciais pleinement les images, le travail présenté.

Roméo et Juliette, chorégraphie de Sasha Waltz

Là où Nils Tavernier (voir billet précédent "Tout près des étoiles") avait réussi à mélanger poésie, images qui parlent pour elles-mêmes et dimension pédagogique (grâce à son documentaire, j'ai découvert des chorégraphes que je ne connaissais pas), ici une impression de froid se dégage de ce film. J'ai eu une impression de sans queue ni tête, au sens où le fim aurait duré 10 minutes, 1 heure ou 6 heures, il n'y aurait eu aucune différence. On est face à une accumulation d'images qui se succèdent au hasard. Quiconque aurait pu arriver en milieu de séance n'aurait "rien" perdu ... En effet, ce film n'a pas de début, pas de fin. J'ai eu l'impression que le montage avait été fait au hasard le plus complet.

D'ailleurs, et bien tristement, des personnes sont sorties avant la fin du film, très probablement d'ennui. Pourtant c'est dommage, car la danse est toujours aussi belle. J'ai beaucoup d'amertume à penser que le travail du Ballet de l'Opéra de Paris (et je ne parle pas que des danseurs) n'a pas été mieux mis en valeurs, et que ce film ne soit pas plus accessible... Le montage complètement erratique du documentaire m'a vraiment ennuyée d'ailleurs.



Car ce sont les initiés qui pourront profiter à fond du film, ceux qui connaissent les chorégraphes, les ballets.

Mais tout de même, ça fait du bien de voir les danseurs de l'Opéra de Paris

Car oui, le sujet, je l'adore. Et j'avais fondé beaucoup d'espoirs sur ce film, qui aurait pu faire découvrir la danse et la vie du Ballet de l'Opéra de Paris...
Et oui, c'est toujours un plaisir immense de voir travailler ces danseurs, de voir l'envers du décor...

Car le travail est dur, très dur, mais voir les progressions, et le résultat est fascinant

Casse-Noisette

Conclusion : allez plutôt à l'Opéra !!!





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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 11:46
Troupe de seulement 3 comédiens et 1 comédienne, c'est avec une belle énergie et envie de jouer que cette histoire de Buchan rendue célèbre par le film de Hitchcock est transposée sur scène. Les comédiens virevoltent et jonglent entre les rôles avec beaucoup d'humour et de virtuosité, de clins d'oeil et d'autodérision.


Mais de quoi ça parle ?

Un instant, je vais vous planter le décor... Imaginez que vous venez de vous asseoir dans ce théâtre. Sur le rideau de scène encore fermé, des réclames du début du XXe siècle commencent à vous plonger dans l'ambiance. La lumière baisse, le silence se fait, le rideau s'ouvre.
Un homme assiste à un spectacle. Après un numéro de cabaret, place à un numéro où l'artiste, à la mémoire phénoménale, peut répondre à n'importe quelle question du public. Dans la loge en face du spectateur, une femme, à l'accent allemand.
Quelques instants plus tard, les deux spectateurs font connaissance. La femme est angoissée, sait qu'elle est suivie (ah... le coup du réverbère dans la mise en scène est absolument hilarant !!!). Elle révèle au héros (puisque c'est de lui qu'il s'agit, sorte de fil rouge que l'on va suivre tout au long de la pièce) qu'un complot se trame, un danger pour la sécurité du pays, semble-t-il, impliquant de très mystérieuses "39 marches". Mais de quoi s'agit-il donc ? Ce n'est pas tout de suite que nous aurons la réponse, puisque cette jeune femme est assassinée quasiment dans les bras de notre héros, qui doit alors fuir pour ne pas être accusé de meurtre...

Plus que l'histoire, c'est la mise en scène, l'humour et l'énergie de ces quatre comédiens qui m'ont énormément plu. On traverse l'Angleterre et l'Ecosse, on prend le train, la voiture, on passe d'un appartement cosi à une ferme au plein coeur des Highlands, on croise même le monstre du Loch Ness, on assiste à une poursuite en avion, on arrive dans un hôtel, on court... Les comédiens changent de voix, de costume, de personnage en des temps records.

Ca n'arrête pas ! C'est complètement fou ! C'est génial !!!

Au Théâtre de la Bruyère (Paris)
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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 21:48
Je voudrais vous parler aujourd'hui d'un film documentaire que j'adore : Tout près des étoiles, de Nils Tavernier. J'avais à l'origine écrit cet article pour un forum que j'adore (l'Inn at Lambton),  mais j'avais envie que ce film ait sa place sur mon blog



Ce film de 2001 (disponible en DVD mk2) est une véritable immersion dans la vie et le quotidien des danseuses et danseurs de l'Opéra de Paris.


Ce film passionnant tourné en 1999 (c'est amusant de voir des danseurs étoiles ou premiers danseurs actuels qui n'étaient alors qu'élèves ou jeunes danseurs ) nous emmène derrière le rideau et sur scène, nous montre comment cette "maison" fonctionne : des tournées à l'étranger aux répétitions en salle, des répétitions sur scènes aux spectacles, de l'école de danse de l'Opéra de Paris aux adieux à la scène, en passant par des images magnifiques des opéras Bastille mais surtout Garnier.


On y découvre la flamme qui anime ces artistes pour qui le rythme de vie et le quotidien sont dictés par leur métier (et passion).


Pas besoin de connaître la danse pour apprécier ce documentaire, il suffit de se laisser porter ... 


Ce film est un bijou que je reconseille à tous, que vous soyiez ou non amateur de ballet.



Un peu plus en détails ...




Voici ce que dit un danseur :


"La scène, c'est une drogue. Pourtant, à chaque fois je suis mort de trouille, ça remet tout en question [...]. Je ne suis jamais content de ce que j'ai fait, mais j'ai quand meme envie d'y retourner."




Qu'est ce que le ballet de l’Opéra de Paris ?


L'Opéra de Paris, c'est 150 représentations par an pour la danse, plus des tournées. Dans les compagnies dites de répertoire, l'Opéra de Paris est la seule maison à proposer autant de choses. Des classiques, mais aussi des ballets modernes et contemporains, et des chorégraphes créant pour le ballet. Ainsi, les danseurs ont travaillé entre autres avec Béjart, Pina Bausch, Forsythe, Kylian, etc.


Des danseurs et des ballets


Pourquoi choisir ce métier ? L’étoile Laurent Hilaire explique que petit, il ne savait pas parler et que la danse était pour lui un moyen d’expression formidable. Il y a aussi une dimension physique, un coté challenge dans la danse qui l’attire. Et puis adulte, le coté artistique, vivant est ce qui l’intéresse :


"Etre vivant en scène. Vivre des choses à fond"




Pour Marie-Agnès Gillot, la danse est aussi plus qu’un métier :


"J’aime la danse … Mais en fait je le vis. Le verbe aimer est trop faible. […] C’est plus fort qu’aimer.
[…]
Vivre quelque chose tellement à fond que la vie quotidienne serait moins importante"




Pour quelqu’un de l’extérieur, la danse a une image de métier exigeant, demandant des sacrifices. Pour les danseurs, ils sont « conditionnés depuis l’age de 9 ans ». D’ailleurs, une danseuse ajoute :


"Je n’ai pas l’impression d’un sacrifice, car ce dont je me prive d’un coté, c’est pour avoir un plaisir et un bonheur immense de l’autre, donc ce n’est pas un sacrifice"

Dans ce documentaire, on demande aussi à l’étoile Aurélie Dupont de donner sa définition de la passion. Elle répond du tac au tac :


"Un besoin, un besoin énorme d’existence"




Elle explique qu’elle est plutot de nature réservée. Mais qu’elle ose faire des choses en scène qu’elle ne ferait jamais dans la vie.


Une autre danseuse décrit la sensation de liberté qu’elle ressent lorsqu’elle entre en scène.


Si pour Aurélie Dupont et d’autres, la danse est un métier très solitaire (notamment de par la rivalité permanente et le système qui ne marche que sur la compétition dès l’école de danse où seuls les meilleurs passent dans la classe supérieure), pour Patrice Bart, «
il n’y a pas de solitude du danseur ; c’est un métier d’équipe ».

Tout au long de ce documentaire, on voit tout le corps de ballet vivre au rythme de la danse.


Et tout commence par l’échauffement, la barre, tous les matins.



Suite à une question que l’on n’entend pas, Aurélie Dupont nous confie qu’à son avis, un danseur qui aime son corps, qui s’aime physiquement, ça ne peut pas expliquer, car constamment le danseur voit ses défauts, et cherche à les corriger, et toujours retravaille son corps, ses postures, etc.


Pour exemple, image d’une danseuse à l’échauffement :




Le documentaire nous permet aussi de voir les danseurs en répétition des ballets.


Ainsi la préparation d’un ballet de Kylian :




Du Lac des Cygnes, avec la répétition du corps de ballet …




Le travail des solistes …



Et les répétitions en scène et en costumes …






Le documentaire évoque également l'école de l'Opéra de Paris, à Nanterre, qui accueille chaque année 150 élèves de 8 à 18 ans.


Une ancienne étoile de l'Opéra de Paris, qui continue à travailler pour cette maison, nous dit : "C'est un petit peu une machine à broyer les faibles". A l'école, ils doivent apprendre la résistance, le controle sur soi, et en meme temps, pouvoir donner le maximum.



Elève et professeur ...





On a aussi le plaisir de voir le grand Maurice Béjart travailler sa neuvième symphonie avec le ballet de l’Opéra de Paris.






Lorsqu’on lui demande de nous raconter le ballet, il nous dit qu’un ballet, ça ne se raconte pas ! Vous raconteriez un tableau, vous ? dit-il.

La 9e symphonie, ce n’est pas un ballet, c’est une manif’.






Un magnifique hommage à la danse et au ballet de l'Opéra de Paris. A voir et à revoir !
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 11:07

C'est le spectacle jeune public que je suis allée voir le weekend dernier au Théâtre du Petit Saint-Martin (Paris). Mais ne vous y trompez pas, jeune public ne veut pas dire réservé aux enfants, loin de là ! Si les petits de la salle ont adoré le spectacle, les adultes sont ressortis très enthousiastes, ayant retrouvé leur âme d'enfant pendant cette petite heure dépaysante.
Pourquoi ?
Parce que porté par trois comédiens énergiques et talentueux, ce spectacle mettant en scène huit Fables du célèbre Jean de la Fontaine nous fait rire, nous touche, nous amuse tous, petits et grands.

Avec comme fil directeur le personnage de Jean de La Fontaine (interprété par William Mesguich, également metteur en scène de la pièce), on croise tout d'abord deux mauvais élèves qui ont vraiment du mal à les retenir, ces Fables !!! Alors, une petite révision s'impose.


En un clin d'oeil et sous notre regard conquis apparaissent le lièvre et la tortue (photo ci dessus, source: site du Théâtre de l'Etreinte), la cigale et la fourmi, le corbeau et le renard, la grenouille qui voulait se faire plus grosse qu'un boeuf, le loup et l'agneau, le lion et le rat, le lion et le moucheron, le héron ou encore le chêne et le roseau, si poétiquement interprété.

Les costumes sont ingénieux et drôles, les musiques bien choisies et les comédiens géniaux !

Un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte !



Quand ?
Les mercredis et samedis à 15h, et du mardi au samedi à 15h pendant les vacances scolaires. Jusqu'au 31 décembre.

Où ?
Au théâtre du Petit Saint-Martin, 17 rue René Boulanger, 75010 Paris


Comment ?
Réservations par téléphone au 01 42 02 32 82

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