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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 09:33

Le nouveau Malika Ferdjoukh est arrivé !!! Eh bien je peux vous dire que j'ai fait la danse du sioux (ce sont mes voisins du dessous qui devaient être contents !) quand j'ai ouvert l'enveloppe et que je l'ai découvert, et encore plus quand j'ai eu le plaisir de voir qu'il était dédicacé (merci merci madame Ferdjoukh) !

Trêve de plaisanterie, je suis de retour sur la blogosphère pour vous présenter mon dernier coup de coeur. Dans cette année où j'ai beaucoup de mal à lire (à me concentrer), j'ai dégusté ce roman jeunesse comme un bonbon (de la même couleur que sa très jolie couverture)... Mais ne vous y fiez point, il ne s'agit pas d'une simple petite histoire rose bonbon à l'eau de rose !

ferdjoukh--chaque-soir-a-onze-heures-copie-1.jpg

Pour commencer, laissez-moi vous lire la quatrième de couverture:

Willa Ayre s'est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée.

Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l'impasse, la jeuen fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix...

Dans ce livre, j'ai tout aimé : autant le ton, les personnages, que les situations et toutes les références, parsemées tout au long du livre, de Jane Eyre (mon roman préféré !!!) à Daddy Long Legs (un autre roman jeunesse que j'adore) en passant par Jane Austen et tant d'autres. Mais rassurez-vous, ces références sont parfaitement intégrées au récit (on ne se demande pas un instant ce qu'elles font là), et sont comme des clins d'oeil, elles m'ont fait sourire tout au long du roman, me rappelant des souvenirs par leur évocation, et rendant cette lecture encore plus agréable.C'est le même sentiment que lorsque l'on papote avec des amies de nos livres ou films préférés...

Mais revenons aux personnages et à l'intrigue ! Wilhelmina, donc, dite Willa, est l'héroïne de cette histoire. Ses parents sont séparés depuis des années. Le personnage du papa artiste-sculpteur est à la fois touchant et  m'a beaucoup fait sourire (on compte parmi ses oeuvres Obturation de l'espace-temps, Jalousie fongiforme, Hydrolaccolithe des sentiments... imaginez un peu !).

Willa vit avec sa maman et son saxo Flannagan. C'est lors d'une soirée dans l'incroyable hôtel particulier des parents de Fran (sa meilleure amie) et Iago, qu'elle va être repérée par le mystérieux Edern. En effet, Edern cherche une partenaire musicale pour sa petite soeur pianiste Marni. Ahhhh, que dire de Marni ? C'est un personnage extraordinaire, à la fois par sa personnalité et par sa manière de s'exprimer. Extrait:

Marni régla le tabouret et s'installa au clavier. Elle attaqua une gavotte de Rameau. Elle jouait plutôt bien pour ses dix ans. Avec feeling et légèreté. La gavotte soudain bifurqua et partit faire un swing avec Walking the dog de Gershwin. Je battis des mains.

 - Bon, dit-elle. A toi. Tu me séancetenantes un air au saxo, maintenant. Allez.

J'obtempérai et sortis Flannagan. J'étais prête. A la troisième mesure de Street Boogie, Marni m'emboîta le pas dans un contrepoint au piano au tempo impec. On a joué comme ça pas mal de standards en duo.

 - Ca te joyeuse, alors ? ai-je demandé au bout d'une heure.

Elle hocha la tête, les pommettes rosies. Elle tourna vers moi ses prunelles si intensément noires.

 - J'ai l'impression, dit-elle avec lenteur, que tu joyeuses cette maison chaque fois que tu viens.

 - Ce n'est que ma deuxième visite ! fis-je remarquer en riant.

 - Eh bien, à chaque fois, ça nous guillerette l'ambiance ! Je dirais même plus : tu nous l'as matrixée !

Mais cette maison près de Montmartre, remplie de chats aux noms irlandais, qui se révèle au milieu du brouillard, est aussi étrange que l'atmosphère qui y règne, et cache des secrets inquiétants ...

 

J' ai retrouvé le style que j'apprécie tant de Quatre soeurs (où on a l'impression que la maison est tout aussi vivante que ses personnages)...

 Un gros coup de coeur de cette rentrée que vous recommande vivement, pour l'histoire (qui m'a happée et emmenée bien plus loin que je ne le pensais en ouvrant le livre) et bien sûr le plaisir des mots...


Pour conclure, mille mercis aux Editions Flammarion et à Malika Ferdjoukh pour m'avoir permis de découvrir ce petit bijou en avant-première !


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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 12:25

Minuit-Cinq est un roman pour enfants écrit par Malika Ferdjoukh. C'est un coup de coeur que j'ai eu en lisant ce joli conte de Noël aux personnages très attachants.

 

Minuit-Cinq.gif

 

Le roman commence sur ces mots qui nous plongent immédiatementdans l'atmosphère du livre:

 

Pas d'étoiles au-dessus du pont de pierre ce soir-là. Non pas une seule... Mais un vent fou furieux ! Et glacial ! Et qui avait tranché d'un coup de hache la moitié de la lune !

 

C'est dans cet environnement hivernal que l'on rencontre nos trois héros :

 

Il était Minuit-Cinq pour tout le monde, y compris pour lui-même car il avait oublié son vrai prénom qui était Antonin.
Minuit-Cinq avait dix ans, une idée toutes les sept minutes, une petite soeur, et il ne se lavait jamais sauf si un orage d'été le prenait de vitesse.

 

Minuit-Cinq, Bretelle, sa petite soeur, et Emil, leur ami, sont des enfants de la rue. Mais que font-ils dehors par ce temps si sévère ? Ils sont à la recherche du collier perdu (ou bien peut-être volé ?) de Daniela Danilova, princesse de son état, qui offre une magnifique récompense à qui retrouvera son bijou. 

 

C'est ainsi que se retrouvent à arpenter les rues Minuit-Cinq (surnom dû au tatouage en forme de cadran qu'il a depuis qu'il est bébé), Bretelle et sa collection de boutons qu'elle dissimule dans son ourlet...

 

Essayez d'expliquer à un garçon la beauté d'un bouton de nacre ! La musique d'un bouton en étain ! Quant au bonbon rose et vert... Encore moins possible d'en parler !

 

... et le troisième de la bande, Emil, dompteur de rats ... pardon ! de souris française.

 

Emil portait un haut-de-forme en accordéon où mille poux et quinze souris auraient pu habiter. Les poux y étaient mais, des souris, il n'y en avait que trois (les temps étaient durs). Des françaises, assurait Emil qui les avait baptisées en conséquence Froufrou, Nana et Zizi.

 

C'est alors que Bretelle aperçoit un homme avec un manteau aux superbes boutons...

 

 

J'ai vraiment adoré ce petit roman : les personnages sont très attachants, le style délicieux à lire, avec une touche d'humour. Je vous le conseille !

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 12:21

Le hollandais sans peine de Marie-Aude Murail et illustré par Michel Gay. C'est un roman pour petits enfants commençant à lire eux-même, paru dans la collection Mouche de l'Ecole des Loisirs.


le-hollandais-sans-peine.jpg

Voici le début de ce roman :


"C'est dans ma neuvième année que j'ai appris le hollandais. A cette époque-là, j'avais un papa, un chic type dans mon genre, qui voulait que ses enfants réussissent dans la vie. Lui n'avait pas beaucoup travaillé à l'école ; ce qui ne l'empêchait pas, tous les étés, de nous acheter à ma sœur Christine et à moi des "cahiers de vacances". Le lundi soir, elle avait déjà fait son cahier jusqu'au jeudi. Moi, je n'ai jamais pu terminer le mien."


Le narrateur, c'est Jean-Charles. Ce sont les vacances, et Papa décide de partir en vacances en camping à l'étranger, pour faire "un bain de langue", parce que "c'est très important pour réussir dans la vie" de connaître une langue étrangère. Direction l'Allemagne donc. Mais les galères commencent dès la frontière, car Papa ne parle pas (du tout !) l'allemand. Arrivé au camping, Maman envoie Jean-Charles jouer au ballon avec le petit garçon d'à côté, qui n'est pas Français. Traînant les pieds, il se dirige vers lui... C'est alors que les enfants, malgré les différences de langues, vont créer un langage pour communiquer entre eux, les parents croyant qu'ils parlent hollandais, et le petit garçon pensant qu'il apprend le français !!!

Non, je n'en raconterai pas plus, parce que sinon je vous gâcherais le plaisir de la découverte de ce tout petit roman !  Je vous le conseille, il est vif, drôle, bien écrit.  Et pour nous autres grands enfants, on ne peut s'empêcher de sourire face à ce papa qui veut absolument faire apprendre une langue étrangère à son fils pendant les vacances, et la forme que va prendre finalement ce "bain de langue" !


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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 13:00
Un roman jeunesse (à partir de 9 ans) attachant, sympathique et bien écrit qui nous emmène dans le Versailles de Louis XIV. L'héroïne est Marion, fille d'un jardinier, qui va devenir servante de la favorite du Roi Soleil, Madame de Montespan.

orangers-de-versailles.jpg
Marion a 14 ans. Elle est orpheline de mère, de qui elle conserve très préciseusement la médaille de Marie. Elle est la fille d'Antoine, un jardinier de Versailles, qu'elle aide car sa passion ce sont les plantes, les odeurs, et surtout les orangers. Mais il faut bien qu'elle travaille ! Alors Antoine suit les conseils qui lui sont donnés et va présenter sa fille à la maison d'Athénaïs de Montespan, la belle favorite du Roi, qui chercher des servantes. Marion est surprise par le luxe qui se dégage des appartements de la Montespan. Elle n'a jamais vu tant de splendeur, tant de décorations et de meubles si riches. Et la Montespan la choisit, elle, Marion :

"Cette enfant au beau regard sombre, doux et profond déroutait la marquise. Elle ne ressemblait en rien aux servantes qui l'avaient si mal servie jusque-là et qu'elle avait renvoyées sans pitié.

Un visage long et pâle, un nez droit mais sans finesse, des cheveux blonds mal coiffés sous un bonnet de grosse toile et ce corps maigrelet, presque disgracieux, affublé d'une robe trop courte et de sabots un peu grands ... "Joli portrait, en vérité", pensa Athénaïs.

Malgré cela, elle ne pouvait rester insensible au charme indéfinissable qui émanait de cette petite personne. La favorite, rodée à toutes les intrigues de cour, savait très bien lire dans les âmes. Tout la séparait de cette enfant : la noblesse, la beauté, la fortune, le pouvoir... Pourtant, le simple fait de la regarder éveilla en elle un sentiment étrange : une sorte d'étonnement mêlé à une pointe d'inquiétude. Elle devina en elle une force de caractère et une détermination hors du commun.
"

Marion se lie d'amitié avec sa camarade de chambre, Lucie, guère plus âgée qu'elle, et qui la prend sous sa protection. Tout en se formant à sa tâche, Marion va découvrir la vie de cour, sous tous ces aspects : du faste des grandes réceptions, aux sordides couloirs sombres où de riches courtisans saoûls dorment à même les marches ; des auteurs les plus délicates des essences rares aux odeurs nauséabondes des parties réservées aux domestiques... Sans parler des mystères et dangers qui se trament. Car c'est l'époque des poisons, également.

En conclusion, un petit roman jeunesse qui se lit rapidement et que je conseille aux jeunes filles d'une dizaine d'années !

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 14:04
Faisant les choses dans le désordre, je viens de lire le déconcertant mais passionnant Dinky Rouge Sang de Marie-Aude Murail, premier opus de la série des Nils Hazard dont j'ai parlé récemment (j'avais commencé par le tome 2, L'Assassin est au collège, que j'avais adoré).



Si comme moi vous n'avez pas commencé par le début de la série, laissez moi vous rassurer immédiatement, ce n'est pas grave ! Au contraire, je crois avoir encore plus apprécié Dinky Rouge Sang car,
étant devenu fan du personnage de Nils Hazard, j'ai adoré en découvrir plus sur sa personnalité, et surtout sur son passé.

D'où vient le titre ?
D'une petite voiture rouge de la marque "Dinky Toys", une Alfa Romeo Giulietta. Elle devait ressembler un peu à ça (sur la photo une Alfa Romeo Giulia / source).



C'est une petite voiture que le jeune Nils a trouvé lors d'une expédition secrète dans le grenier de ses grands-parents, et qu'il conserve encore aujourd'hui.

L'histoire commence par une longue lettre de Nils qui nous replonge
dans son enfance. Voici le début :

"Chère Catherine, si vous lisez ces lignes, c'est que je suis mort et que le notaire vous aura remis cette enveloppe brune. Rien ne semble indiquer que je doive disparaître prématurément. A trente-quatre ans, ma santé est excellente et le poste que j'occupe de professeur d'histoire à la Sorbonne ne fait pas partie des métiers à risque. Mais celui qui sait est toujours en danger. Je suis la seule personne à connaître le nom d'un homme qui tua deux fois et dont le double crime ne fut pas puni.

Les souvenirs les plus précieux que nous ayons, Catherine, ceux de nos premières années qui pourraient nous dire qui nous sommes et ce que nous serons, s'effacent de la mémoire comme un enregistrement sur bande magnétique. Ainsi un criminel de trois ans ne se souviendrait de rien à l'âge adulte et pourrait être considéré comme innocent, même par lui. Ce ne fut pas mon cas. La bande magnétique était mal effacée. De ma petite enfance, un rêve m'était resté, un rêve qui, jusqu'à ma treizième année, me dit obstinément : "Coupable, tu l'es." "

Puis on retrouve le Nils adulte, professeur d'art et de civilisation égyptienne (bien qu'il préfère sans hésitation la civilisation étrusque !) et "chasseur d'énigme", comme l'a surnommé Catherine Roque. Car Nils cherche à tout comprendre. Notamment pourquoi le visage d'un de ses élèves est déformé de tics nerveux. Et la résolution de cette énigme va emmener Nils bien plus loin qu'il ne le pensait... Aidé par la soeur de son étudiant, Catherine (elle aussi étudiante), ils vont mener l'enquête et croiser au cours de celle-ci un homme qui a précipitament disparu de chez lui en emmenant le Roi et la Reine de son jeu d'échec, ou encore une jeune femme sur laquelle le Banania a un effet dépressif...

Une enquête déconcertante (par sa première partie) mais passionnante, au cours de laquelle Nils nous rappelle cependant

"Il y a des pourquoi qui sont veufs de parce que."

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 21:54
Je suis dans ma période découverte de l'univers de Marie-Aude Murail (dont j'adore vraiment le style : pour le moment, à chaque livre que j'ai pris, je n'ai pas pu m'arrêter avant de l'avoir fini !!!), et j'ai pris ce livre à la bibliothèque, le titre m'attirait.



Ce n'est qu'après que j'ai compris que ce livre faisait partie de la série des Nils Hazard (donc j'ai commencé par le n°2 au lieu du premier ... mais tant pis ! je lirai le reste dans l'ordre désormais).

J'aime beaucoup le personnage de Nils Hazard, ce professeur d'histoire à la Sorbonne, spécialiste des étrusques et un peu moins des égyptiens, et qui n'aime pas la géographie, et la relation qu’il entretient avec Catherine (sa secrétaire). Nils a une trentaine d'années, plutôt séduisant, avec des étoiles qui brillent dans ses yeux bleus marine. Catherine est son ancienne étudiante (on la rencontre pour la première fois dans le premier tome, Dinky Rouge Sang, dont je ferais très probablement un billet sous peu !).

J’adore l’ouverture de ce roman. Tout de suite, on est saisi par le ton très vif et assez décalé.  Et tout de suite, j’ai voulu en savoir plus sur ces personnages loufoques, et comprendre ce qu’il se passait :

- … puisque sur le cercueil, dictais-je, est représenté le voyage du mort vers les Enfers virgule, heu, non, point …
- Point ou virgule ? me demanda Catherine, avec un air de grande lassitude.
- Point virgule, dis-je.
La religion étrusque … Tiens, on sonne.
- La religion étrusque tiens on sonne, répéta Catherine en continuant de taper sur le clavier.
- Mais allez ouvrir !
- Je suis votre secrétaire ou votre bonne ?
- Je vous paie cher pour la quantité de fautes que vous réussissez à caser dans une seule phrase.
- Achetez-moi un ordinateur avec correction orthographique, répliqua ma secrétaire.
Dring, dring.
- … et dépêchez-vous d’aller ouvrir, monsieur Hazard. Votre visiteur s’impatiente. Vous allez rater la vente de « Tout l’Univers » en cent quinze volumes.
- Je finirai par vous poignarder sauvagement, dis-je pensif.
- J’ai remis votre coupe-papier dans son étui et l’étui dans le tiroir … Les jurés verront qu’il y a eu préméditation.
Driiing. Le visiteur jetait son va-tout avant d’abandonner la partie. Je me précipitai dans l’entrée.
- Oh, inspecteur Berthier !


Cette entrée en matière me plaît beaucoup !

Le mystère est donc présenté par cet inspecteur Berthier : dans un collège privé, où les élèves arrivent là parce que plus aucune école ne veut d’eux, des copies sont retrouvées notées avec du sang humain comme encre. Sans parler des copies étranges d’une certaine Claire Delmas. Ou des lettres de menaces anonymes glissées sous la porte du directeur de l’établissement, monsieur Agnelle, qu’on soupçonne vite d’être fou, le pauvre homme.
On découvre les professeurs et les élèves de ce collège, aux personnalités originales.
C’est en tant que professeur d’histoire(s) que Nils va mener son enquête. Et ses débuts ne sont pas faciles !

De ma chambre, je téléphonai à Catherine sagement restée à Paris.
- Alors ?
- Alors, il y aura bientôt un crime à Saint-Prix et ce sera moi l’assassin.
Je pus enfin ressasser tous mes déboires de la journée, parler de l’ogresse Zagulon, de Simplet le concierge, de Méphisto le directeur, de l’odieux rouquin, de l’impénétrable Claire.
- Il ne manque plus que vous pour achever de me mettre hors de moi, dis-je en conclusion.


Malgré ce premier jour difficile pour lui, Nils Hazard va apprivoiser petit à petit ses élèves, et mener l'enquête à sa manière. Et heur
eu
sement qu'il est là, car le mystère s'épaissit et les dangers rôdent de plus en plus près ...

Une enquête réussie au ton enlevé et aux personnages attachants ! A lire !  (et en plus, ça se lit très vite !  )
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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 11:42
Je viens de dévorer les tomes 3 et 4 des Enquêtes d'Enola Holmes, la petite soeur de Sherlock, écrits par Nancy Springer. Je dis "dévorer" car ces livres m'emportent et m'enthousiasment toujours autant ! J'adore le personnage d'Enola, les sentiments qui l'animent, et notamment la relation qu'elle entretient avec son frère Sherlock. C'est écrit avec brio, le style est vif, brillant, le vocabulaire riche. Un délice de lecture !



Dans le tome 3, Le Mystère des pavots blancs, le docteur Watson disparaît.

Dans le prologue de ce roman de Nancy Springer, on se retrouve dans un asile (rappelons que nous sommes à Londres en l'année 1889), où l'on tombe sur le fidèle ami de Sherlock Holmes interné sous le nom de Kippersalt. Et malgré ses protestations virulentes, personne ne cherche à vérifier ses dires ! Mais comment a-t-il bien pu arriver là ?

Puis notre héroïne apparaît, peu de temps après les terribles aventures du tome 2. Toujours à se cacher de ses frères (Mycroft, son tuteur, veut l'envoyer en pension pour en faire une jeune fille de bonne famille bonne à marier, ce contre quoi elle résiste ; elle veut garder à tout prix son indépendance et sa liberté), elle craint que sa couverture en tant que Miss Ivy Meshle, secrétaire du Dr Ragostin, spécialiste en disparitions, n'ait été compromise. D'ailleurs, le prénom Ivy n'est pas un hasard car Ivy (= lierre, en anglais) est le symbole de la fidélité. D'ailleurs, tout au long de ce tome (comme dans toute la série), la symbolique du langage des fleurs tient une place de choix. Et c'est tout à fait fascinant...

On retrouve aussi dans cette épisode cette chère Mrs Tupper, vieille femme sourde, mais sympathique et pas très curieuse, à qui Enola loue une chambre.

C'est en lisant les journaux qu'elle va découvrir la disparition du Dr John Watson, ce à quoi elle réagit immédiatement

"Je ravalai un soupir. Le Dr Watson, je le tenais en haute estime. Certes, je ne l'avais rencontré que trois fois : la première, le jour où il était venu consulter le fameux "spécialiste en recherches" par amitié pour Sherlock Holmes ; la deuxième, lorsque j'étais allée lui poser une question et qu'il m'avait donné un peu de bromure contre un soudain mal de tête ; la troisième, lors de cette funeste nuit où je lui avais amené une jeune blessée à soigner d'urgence. Mais c'était assez pour voir en cet homme - qui aurait pu être mon père - le type même du parfait gentleman anglais, solide, courtois, généreux, prêt à venir en aide à chacun. Il m'inspirait une confiance instinctive, un mélange d'admiration et de sourde tendresse assez proche de ce que j'éprouvais pour Sherlock. Car paradoxalement j'aimais ce frère aîné, même si je dois bien avouer que je ne le connaissais guère, lui non plus, en dehors des écrits de son ami Watson justement, Watson dont je dévorais les récits avec la même avidité que des millions de lecteurs en Angleterre - au point de les lire dans un périodique avant même leur parution en livre.
Mais pourquoi, pourquoi étais-je condamnée à devoir toujours me garder des gens que j'aimais le plus ?"


Son enquête l'amène à rencontrer la douce Mary Watson, l'épouse du Dr Watson, chez qui elle découvre un bouquet extrêment étrange, du moins à ses yeux car elle sait y lire la symbolique qu'il véhicule. Serait-ce un début de piste ?

Comme dans tous les tomes, on retrouve Enola, sa personnalité si attachante : ses doutes, sa volonté, sa peur de se faire retrouver et de perdre sa liberté, mais son besoin d'affection et de tendresse, la relation paradoxale qui la lie à son frère Sherlock, sa curiosité, son talent à dessiner et caricaturer, ses craintes...

A lire !

Tout comme le tome 4 que je vais vous présenter brièvement



Le secret de l'éventail (tome 4, et dernier traduit à ce jour) débute par un prologue : Sherlock et Mycroft discutant d'Enola. Car ils n'arrivent à la retrouver, cette jeune soeur ! Et Mycroft désespère d'en faire une jeune femme en tout point conforme à ce que la société de l'époque exige.

D'ailleurs, je crois que c'est une des choses que je préfère dans ces romans : les rapports entre ces frères et soeur, si complexes et si bien rendus qu'on ressent vraiment les émotions qui les animent.

Dans ce tome 4, on retrouve Lady Cecily Alistair, la jeune fille qu'Enola avait sauvé dans le tome 2. Et elle va à nouveau devoir déployer des trésors d'ingéniosité et d'intelligence, car cette pauvre Cecily se trouve à nouveau dans une situation de laquelle elle est prisonnière, dans tous les sens du terme. Mais je n'en dirais pas plus, pour vous laisser le plaisir de la découverte !!!

Allez, pour le plaisir, une petite citation de ce tome. Dans ce premier chapitre, Enola, qui a repris sa couverture d'Ivy Meshle, s'interroge. Elle désire rechercher sa mère, mais elle n'a pas encore commencé... Enfin pourquoi, se demande-t-elle ...

"Malgré quoi, on était en mai et je n'avais toujours rien engagé en ce sens, sans d'ailleurs pouvoir spécifier pourquoi - n'était que mes "affaires" me retenaient à Londres.
Affaires, vraiment ? Un toutou, une babiole et un tibia ?
Mais un client était un client, raisonnais-je. Aucun d'eux, et pour cause, n'avait rencontré en personne l'illustre (et fictif) Dr Ragostin. C'était "miss Meshle", sa fidèle assistante, qui avait rendu à la veuve éplorée son adorable bichon frisé, récupéré au bout de trois jours chez un commerçant véreux de Whitechapel, connu pour son négoce de chiens de race "recueillis errants". La même miss Meshle avait résolu en un tournemain l'énigme du rubis introuvable, en envoyant un gamin jeter un coup d'oeil au creux d'un nid d'une pie, à la cime d'un tilleul, non loin des fenêtres de la douairière. (Quel plaisir c'eût été pour moi de grimper là-haut moi-même ! Mais les convenances l'interdisaient.) Quant au précieux tibia du général d'armée, j'étais plus ou moins sur sa piste... lorsque le hasard me plaça sur une affaire plus palpitante et, l'avenir devait le démontrer, nettement plus brûlante."


Si vous voulez savoir quelle est cette affaire, précipitez vous sur les enquêtes d'Enola Holmes !!!



D'ailleurs, j'en profite pour vous inviter à découvrir le site de Nathan www.enolaholmes.fr, où vous pouvez découvrir le premier chapitre du premier tome ! C'est ici !
A déguster pour ceux qui ne sont pas encore tombées sous le charme de la petite soeur de Sherlock !

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 20:09
Il s'agit du premier tome de la trilogie "Terre Noire" de Michel Honaker, "Les exilés du tsar".
Ce roman m'a été chaudement recommandé par Emjy et Violette (qui me l'ont en fait mis dans les mains ! et je les en remercie beaucoup !). Et j'ai adoré ce premier tome.


C'est l'histoire d'une famille russe, les Danilov, et plus particulièrement de Stepan Tchakarov, le fils adopté.
On est en 1887, à Saint Pétersbourg. Stepan Tchakarov est un compositeur doué, très doué même, qui donne son premier ballet au prestigieux théâtre Marinski, en présence même du tsar. Si ce tsar ne paraît pas intéressé plus que cela envers l'artiste, son fils est touché par la musique de Stepan.
Une autre admiratrice de Stepan est sa soeur par adoption (même s'il n'est pas complètement adopté), Natalia, l'héroïne de cette histoire. Elle représente sa mère lors de cette représentation, alors que cette dernière est très malade, et ne peut plus soutenir ce fils qu'elle aime tant.
Car il a besoin d'être défendu contre les loups qui crient à la porte. Son talent et son intégrité, l'amour que lui porte sa mère adoptive suscitent nombre de jalousies et de ressentiments. Comme loups, j'ai nommé le fils aîné des Danilov, Valadia, ainsi que le mari de l'autre fille prénommée Olga (donc soeur de Valadia et Natalia), Kusak. Ces deux personnages sont infects, détestables, jaloux, préoccupés par l'argent et dans le cas de Kusak par le pouvoir et le rang social. Ils n'ont cesse de vouloir évincer le talentueux Stepan de leur vie et de leur famille, par tous les moyens possibles. Face à eux, Natalia a peu de poids, même si elle a la volonté de défendre Stepan, à qui elle est très attachée depuis l'enfance.

Mais qu'est ce que Terre Noire ?
Le titre vient d'un domaine, Terre Noire, qui a été donné par la baronne, sa mère d'adoption. Cette terre à laquelle Stepan est attachée, le seul endroit où il se sent bien, chez lui :


"Pour prétentieux que cela puisse paraître, j'aime dire : mon domaine. Ces terres sont miennes, en effet, mais plus encore, elles sont ma chair et mon sang."  (chapitre 5)

"A travers la fenêtre crasseuse, j'aperçois les bouleaux parés de frimas qui émergent du brouillard tels des mâts de navires en perdition. L'aube frileuse répand une clarté glauque sur cet infini de neige. Ma chère Russie. Tout mon être se refuse à t'abandonner. Je suis fait de ta terre noire et mon âme y puise sa force. Que deviendrais-je si j'en étais privé ? Un autre, sans doute, et cet autre-là me fait peur... " (chapitre 13)

Le style est aussi superbe : on est vraiment plongé dans la Russie de cette fin du XIXe siècle. On se croirait vraiment dans un roman russe. Tout y est : l'attachement à la terre, au domaine, la grandeur du pays, la culture, l'honneur qui faut protéger, la vengeance, les sentiments exacerbés, l'impression de situations auxquelles on ne peut pas échapper...

C'est sur cette soif de vengeance que s'achève le premier tome...

Et c'est avec une soif de lire la suite que j'ai fermé ce livre !
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 13:26

Magnifique ouvrage, ce journal intime du garçon plus connu sous le nom de Peter Pan est un enchantement...


C'est l'histoire de Peter, un orphelin, qui se retrouve dans un orphelinat avec d'autres enfants "perdus". Il est amnésique, ne se souvient de rien concernant son passé ou sa famille. Une des religieuses de l'orphelinat lui donne un carnet, l'incitant à tenir un journal, dans l'espoir que des souvenirs lui reviennent ...

(extraits du livre, que l'on peut voir sur le site de Milan Jeunesse)






Malheureusement, ce carnet ne l'aide pas à retrouver sa mémoire... Alors, à l'insu des surveillantes et avec la complicité de ses camarades, aussi orphelins, ces "enfants perdus", ils partent enquêter dans Londres.



C'est là que Peter va croiser un homme répugnant, si sale que les mouches le suivent partout où il va. Peter le nomme "monsieur Mouche". Et ce monsieur Mouche travaille pour un terrifiant capitaine, armé d'un crochet...

Je ne vous en dévoilerai pas plus, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte. Car cette relecture de Peter Pan vaut le détour.

Mais ce qui m'a fait craquer pour cet ouvrage au premier abord, ce sont les illustrations, la beauté de cet ouvrage "interactif" : il y a des lettres à ouvrir, le contenu d'enveloppes à explorer, des supports variés, un coup de crayon magnifique.

Un livre à offrir et à s'offrir !
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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 18:56
Un roman pour enfants rempli d'espoir, d'optimisme et d'envie de vivre


Ne vous fiez pas au titre, ce n'est ni un roman épistolaire, ni un roman à l'eau de rose ! C'est l'histoire de... (4e de couverture)

Ernest a dix ans. Dix ans de vide : sa mère est morte le jour de sa naissance et son père a disparu. Dix ans d'ennui : sa vie avec sa grand-mère, prénommée Préciseuse, n'a rien de très exaltant : école, goûter, devoirs, soupe. Pas de téléphone, pas de télévision.  Seule distraction : une mystérieuse lettre que le grand-père d'Ernest avait envoyée du front pendant la guerre, une lettre indéchiffrable.
Ernest est bon élève, solitaire et taciturne, pour ne pas dire muet. Jusqu'au jour où Victoire de Montardent arrive dans sa classe et jette son dévolu sur lui. Car Ernest est beau, ce que les autres filles de la classe avaient déjà remarqué...


A côté d'Ernest, cet enfant modèle dont la vie est bien terne, Victoire est le personnage le plus attachant de cette histoire ! C'est une véritable tornade, pleine d'énergie et de bonne humeur. Elle va prendre en main Ernest, et lui faire découvrir la vie d'un enfant de son âge. Avec elle, il va aller pour la première fois dans un supermarché, prendre pour la première fois un ascenceur, ou manger son premier croissant :

"Victoire posa avec fougue un sac de croissants, brioches et pains au chocolat sur la table : "Papa a dévalisé la boulangerie ce matin. On en avait trop. J'en ai chipé quelqu'uns et j'ai décidé de venir les manger chez vous avant d'aller à l'école avec Ernest." Totalement inconsciente de l'effet qu'elle faisait, Victoire poursuivit : "Comment allez-vous ? Avez-vous fait de beaux rêves ? Moi, j'ai rêvé de toi, Ernest. On était grands, amoureux et on allait se marier. Je n'en sais pas plus. Jérémie [un bébé] s'est réveillé en hurlant. Je pense qu'il rêvait de toi aussi."
[...]
Germaine et Précieuse étaient stupéfaites et comme gelées sur leurs sièges. Ernest, qui, lui, tentait d'être bien élevé, prit un croissant dans le sac tendu, l'inspecta comme s'il avait été produit par des extraterrestres, puis, sans regarder les deux gardiennes de sa bonne nutrition, par politesse, il enfonça courageusement l'objet doré et crousillant dans sa bouche, s'attendant à mourir sur-le-champ."


Victoire est la seule fille d'une famille nombreuse : elle est née après 12 garçons, car ses parents voulaient tant une fille, qu'ils ont essayé 13 fois, comme elle le dit elle-même. Et après elle, ils ont retenté d'avoir une autre fille, qui a abouti à Jérémie, le 13e garçon de la famille, et 14e enfant ! Cette famille est attachante, marrante, forte.

D'autres passages sont particulièrement émouvants. Je voudrais d'ailleurs partager avec vous ces quelques lignes, mettant en scène Ernest et sa grand-mère, au chapitre 7 :

"Ils prirent en silence un déjeuner qui ne méritait pas un commentaire. Rien ne vint ébranler les murs qui cachaient cette vie qui n'en était pas une. Les mots n'avaient pas de nageoires au fond de la mer noire des pensées perdues."


En conclusion, un petit roman bien chouette, avec une belle évolution du personnage principal et son éveil à la vie !

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Published by Artemis - dans Livres jeunesse
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