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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 08:45

We need to talk about Kevin, réalisé par Lynne Ramsay, est un film adapté du roman éponyme de Lionel Shriver (que je ne connais pas), et qui a été sélectionné au Festival de Cannes cette année.

 

we-need-to-talk-about-kevin.jpg

 

Le film, construit en flash-back, suit Eva (interprétée par l'impressionnante Tilda Swinton) et raconte l'histoire de son point de vue.

 

J'ai trouvé le film assez terrifiant, une longue descente aux enfers pour le personnage comme pour le spectateur. Bien sûr, dès le début du film, on sait qu'il s'est passé quelque chose de grave, mais on n'en saisit l'ampleur que sur les dernières images du film.

 

Eva a épousé Franklin, et ensemble ils ont deux enfants : Kevin, l'aîné, et Celia, son adorable petite soeur blonde. Dès sa naissance, l'arrivée de Kevin perturbe Eva.

 

baby-kevin-and-eva.jpg

 

Ses cris incessants et son incapacité à le calmer (incroyable, cette scène où le bruit d'un marteau-piqueur semble la soulager et la reposer) l'épuisent et cette forme d'antipathie (le mot est fort mais correspond à l'impression que l'ensemble m'a laissé!) va marquer cette relation. Sans parler de son mari, rarement présent (du moins à l'image !)...

Tilda-Swinton--landau--we-need-to-talk-about-kevin.jpg

 

Et cela ne va pas s'arranger... L'enfant ne parle pas (ou pourrait penser Eva refuse de parler ?), n'est pas propre (ou le refuse, là encore) et porte des couches à un âge où les enfants de son âge les ont abandonnées depuis longtemps... Puis il devient violent et s'oppose systématiquement à sa mère dans une lutte quasi continuelle. Seul instant de répit, c'est la maladie de Kevin pendant laquelle Eva semble toucher du doigt le rôle de maman qu'elle fantasme : serrer son enfant dans ses bras et lui lire une histoire... mais même cette histoire là ne sera pas anodine pour la suite des événements... Kevin, manipulateur (c'est le sentiment que l'on a par les yeux de sa mère), semble un enfant modèle pour son père qui refuse d'écouter sa femme, ou même d'essayer de la comprendre ou de se mettre à sa place. Le personnage est d'ailleurs effacé et paraît mou.

 

Kevin-and-Eva.jpg

Il me faut souligner là un aspect qui me paraît important: en effet, comme je le disais plus haut, l'histoire est racontée du point de vue d'Eva, et les événements de la relation mère-fils sont également, semble-t-il, sont ceux qui l'ont marquée elle. Ceux-ci sont interprétés à l'aune de ce qui se passe par la suite. Ainsi, j'avais le sentiment (mais peut-être est-ce une perception totalement subjective et personnelle) qu'Eva regarde son fils non pas avec bienveillance mais inquiétude et interrogation, qu'elle le rend responsable dès sa petite enfance de ne pas lui rendre la vie normale, de chercher à contrarier coûte que coûte, à manipuler son entourage (le père de Kevin, les médecins, etc.). Si l'histoire avait été racontée du point de vue du mari, de Kevin ou de sa petite soeur, chacun de ces récits aurait raconté une histoire bien différente !

 

special-wall.jpg

 

Le montage est très découpé, il y a beaucoup d'effets visuels (flous, gros plans, plans assez courts...) et de dialogues dans les couleurs : le rouge domine violemment le film, c'est son fil conducteur, du rouge des tomates du début, au rouge du sang, de la confiture de fraise, des lumières, des lettres de l'agence de voyage dans laquelle Eva retrouve un job, et même de l'ours en peluche.


we-need-to-talk-about-kevin--maison-rouge.jpg

 

Ce film interpelle et nous rappelle les tragédies qui se sont produites notamment aux Etats-Unis (il faudrait vraiment que je vois Elephant de Gus Van Sant pour comparer l'approche). C'est un film très perturbant et nous fait nous poser de nombreuses questions : pourquoi ce gamin est-il dans l'opposition avec sa mère particulièrement, et pourquoi tout se passe bien avec sa soeur ? est-ce sa nature ? est-ce son éducation ? est-ce la faute de quelqu'un ?


Tilda Swinton impressionne (quel caméléon, cette actrice !) dans le rôle de cette mère - elle aurait tout à fait pu recevoir le prix d'interprétation féminine de Cannes, d'ailleurs. A voir son visage ou son expression et sa tenue, on se repère dans la chronologie : on la rencontre dans les premières images le visage décomposé, on sent qu'elle ne prend pas soin d'elle, qu'un malheur lui est arrivé, un poids qui lui pèse et qui lui fait fuir les personnes autour d'elle, qui la fait accepter les gifles (au sens propre) sans discuter.

 

Tilda-Swinton--we-need-to-talk-about-kevin.jpg

 

Puis les flash-back nous ramènent à plusieurs époques : quand, très élégante, elle travaille, cheveux courts, maquillée. Ou lors de la naissance de son fils, où son visage est défait. Ou encore lorsque Kevin grandit, et que son visage se ferme, s'interroge sur ce fils, ce monstre qu'elle a créé. Enfin quand la douleur et la compréhension se peignent sur ses traits lors de la tragédie.


Les trois jeunes acteurs qui interprètent Kevin sont aussi particulièrement bien choisi (le plus âgé, Ezra Miller, excelle à être à la fois gueule d'ange et ado insupportable et malsain).

 

Celia-and-Kevin.jpg


Si j'ai été impressionnée par le film (je l'ai vu récemment, je pense que j'ai besoin de recul pour affiner mes impressions), je ne peux pas dire que je l'ai vraiment aimé : le montage est très marqué (beaucoup de flash-back), et cette relation mère/fils est très stylisée quasi à l'excès ... mais c'est aussi ce qui renforce le sentiment de malaise qui s'instille en nous, spectateurs, tout au long du film. Et rien que pour ça, c'est réussi.

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 14:00

Un joli petit film très attachant qui donne envie de manger du chocolat ! Une belle surprise de ma fin d'année 2010 emplie de froid et de grisaille question météo...

Un billet que j'avais oublié de publier, erreur que je répare immédiatement !

 

les émotifs anonymes, affiche


C'est l'histoire d'Angélique (superbe et touchante Isabelle Carré, décidément une actrice française que j'apprécie beaucoup), artisan chocolatier plein de talent, mais paralysée par une hypersensibilité et une immense timidité. Elle fait même partie du groupe des émotifs anonymes.

 

Les émotifs anonymes, I Carré

 

Elle postule pour travailler dans la petite entreprise de confection et vente de chocolats de Jean-René (attachant Benoît Poolevorde, que je redécouvre : quel acteur !). Lui aussi est un grand timide, maladivement timide ! Alors qu'elle croit venir pour un poste de chocolatier, elle est finalement embauchée en tant que commerciale ! L'entretien ayant été très court et la timidité paralysante de chacun d'entre eux rendant impossible une discussion précise sur le sujet les réunissant tous deux. D'ailleurs, on sent bien qu'elle est choisie car Jean-René ne veut pas subir l'épreuve de devoir mener d'autres entretiens avec les autres candidats !

 

Les émotifs anonymes au salon du choco

 

Mais s'il est si peu sûr de lui, ce n'est pas l'image qu'il donne, comme en témoigne ce dialogue amusant que j'ai retranscrit :

L'EMPLOYEE : Te laisse pas impressionner par le patron. Au premier abord, il a l'air dur...

ANGELIQUE : Et au second ?

L'EMPLOYEE : Toujours dur.


Les émotifs anonymes 4


Ce film est d'une belle légerté, tour à tour touchant (parce que cette timidité là, je peux la comprendre en tant que spectatrice !), attachant (parce qu'on a envie de voir ces personnages qui se ressemblent tant se dévoiler l'un à l'autre et se comprendre) et amusant (tant dialogues que situations !)

 

Les émotifs anonymes 2


Ainsi, avec cet entretien dont j'ai parlé plus haut, j'aime beaucoup la scène du premier dîner, ou encore la séance où le personnage d'Isabelle Carré se sent soudain dans son élément à créer (bien sûr sans que personne sache que c'est elle) une nouvelle gamme de chocolats qui va sauver l'entreprise en quasi faillite.

 

Les émotifs anonymes 3

 

Mmmmmhhhh, j'ai envie d'aller déguster des chocolats avec eux !

 

Les émotifs anonymes, nouvelle gamme choco


En un mot, si la bande-annonce ne vous a pas séduite, passez votre chemin. Mais si elle vous a plue, alors ne manquez ce film sous aucun prétexte. Ca a été mon dernier coup de coeur ciné de mon année 2010 !

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 08:29

 

Grâce à ma chère Lady Clare sans qui je serai totalement passé à côté, j’ai eu la grande chance de voir le 10 décembre 2010 le dernier film de Daren Aronovsky en avant-première (il sort en février) en présence de celui-ci. J’ai nommé Black Swan. Ce film, porté par Natalie Portman qui mérite largement un Oscar pour ce rôle, m’a laissé dans un état de choc. Certes, les films parlent différemment à chacun. Moi, il m’a marqué, perturbé, angoissé, impressionné.

 

affiche 5

 

Ce film se déroule dans l’univers du ballet professionnel.

 

BS, barre, ballet

 

Pour sa nouvelle saison, le directeur artistique du ballet, l’ambigu Thomas Leroy (impeccable Vincent Cassel) décide de monter une version renouvelée du ballet le plus connu du répertoire, le Lac des Cygnes, et pour cela faire appel à une nouvelle distribution, mettant ainsi à la retraite sa danseuse étoile, Beth (Winona Ryder), que ce retour de la lumière à l’ombre et la privation de la scène va détruire…

 

BS Wiona Ryder

C’est donc dans cette ambiance que la belle et innocente Nina (Natalie Portman, qui nous prouve qu’elle est une des meilleures actrices de sa génération) fait tout pour obtenir ce rôle du Lac auquel rêvent toutes les danseuses. Nina a toutes les qualités pour interpréter Odette, le cygne blanc : elle a une très belle technique, et dégage la fragilité, la pureté et l’innocence exigées par le rôle.

 

BS, white swan

Mais n’oublions pas que c’est un double rôle qui est demandé aux danseuses. Et Odile, le cygne noir, la jumelle maléfique, rusée et séductrice, échappe à l’interprétation de Nina.

 

BS, Odile 2

 

Dans le même temps, une nouvelle talentueuse danseuse rejoint la compagnie, la sensuelle Lily (spontanée Mila Kunis).

 

BS, Lily répet

 

Elle est le contraire de Nina  son point fort est l’interprétation, la liberté qu’elle incarne en dansant, contrairement à Nina qui se bloque dans la recherche de la perfection technique… Finalement, Nina obtient le rôle, à l’immense joie de sa mère (inquiétante et oppressante Barbara Hershey) avec qui elle continue à vivre et qui s’est imposée dans un rôle de coach. Mais un coach omniprésent, étouffant.

 

BS, nina et sa mère

On sent qu’elle projette sur sa fille ses frustrations, ses déceptions et les rêves qu’elle n’a pas pu réaliser. Comme elle lui répète, elle a abandonné sa carrière de danseuse à cause de sa grossesse… Et elle vit complètement par sa fille, cette dernière ne vivant que par et pour la danse. Rien d’autre n’existe pour elle.

 

BS, couloir

Lorsqu’elle se met à travailler le rôle de Swan Queen (Odette/Odile), Thomas Leroy a pour défi de la faire se dépasser, sortir de sa coquille.

 

BS, répét

Il faut qu’elle arrête de se consacrer à la recherche de la perfection pour apprendre à se lâcher, arrêter d’être trop propre dans sa manière dont elle danse, à exprimer la noirceur du personnage d’Odile, sa sensualité. Pour Nina, Lily représente ce qu’elle n’a pas : la danseuse la fascine, elle jalouse la sensualité de Lily, sa liberté, sa spontanéité, désire son amitié, mais la craint plus que tout en tant que rivale directe pour le rôle. Le dossier de presse cite Darren Aronofsky : "Mila joue Lily comme une personne qui a tout ce dont rêve Nina. Elle est plus libre, plus vivante que Nina, elle assume sa sexualité. Lily est libre de s’exprimer, et cela ne fait qu’attiser l’attraction et la répulsion que Nina ressent envers elle."

 

BS lily et nina

 

Entre la chute de son idole, Beth, dont elle prend le rôle et la recherche de noirceur que lui impose Thomas, Nina se plonge dans une quête d’identité et de liberté qui va l’emmener bien plus loin qu’elle ne l’avait prévu…

 

BS--transformation.jpg

Et voici comment Natalie Portman voit Nina (extraits du dossier de presse): "Quand Nina commence à se rebeller contre tout ce qui régit sa vie, elle sombre peu à peu dans une dangereuse paranoïa qui la fait douter de ce que les autres attendent d’elle et de sa propre santé mentale." "Quand j’ai lu le scénario, j’ai beaucoup aimé l’authenticité des détails sur le monde de la danse, et surtout le parallèle entre l’histoire de Nina et celle du « Lac des cygnes ». Je la vois vraiment comme une femme qui essaye de se libérer d’un sortilège, de l’emprise des autres sur sa vie, et qui s’efforce de découvrir qui elle est vraiment en tant qu’être humain et qu’artiste."

 

Tout le film est d'ailleurs une quête d'identité, un basculement entre rêve et réalité, oppression et liberté, jeu de doubles - faisant écho par plusieurs aspects à l'histoire même du Lac des Cygnes -, jeu de miroirs (dans tous les sens du terme, d'ailleurs  ) .

 

BS, nina miroir

 

Le film suit le personnage de Nina, et incarne son point de vue. La caméra à l'épaule renforce ce sentiment de déséquilibre, de manque de stabilité. Il filme vraiment à fleur de peau. On est oppressé par les angoisses de Nina que l'on ressent car on les voit.


La musique, signée Clint Mansell, est aussi à noter. Elle joue admirablement entre la partition de Tchaikovsky (que j'adore ) et une déstructuration de celle-ci exprimant les peurs de Nina, ses doutes, son subconscient...

 

Comme dans The Wrestler, film précédent du réalisateur (que je n'ai pas vu), le travail du corps occupe une place importante (tout autant par l'entraînement intensif des acteurs pour leur rôle que par la manière dont Darren Aronovsky nous le montre). D'ailleurs, il est important de préciser que ce n'est pas un film sur la danse, mais un film dont la danse occupe une place centrale (c'est ainsi que je le perçois). Ce film risque de gêner certains puristes, car dans un certain nombre de scènes, Natalie Portman dansant est souvent coupée à la taille (je crois que c'est Sarah Lane de l'American Ballet Theatre qui double le travail des pieds). En même temps, le but n'est pas de faire un documentaire sur la danse ou sur le Lac. Ce qui est montré, c'est ce que Nina ressent, par exemple les expressions qui passent sur son visage quand elle danse et non un ballet (pour cela, d'excellents documentaires existent d'ailleurs !).


white-swans-corps-de-ballet.jpg

A noter que c'est Benjamin Millepied, danseur étoile du New York City Ballet, qui est le chorégraphe du film, et qui interprète le danseur du Prince dans le film.

 

 

 Avant de terminer, je vous renvoie également vers le dossier de presse que j'ai trouvé sur internet, et qui est très intéressant (cliquez ici !). Et voici les autres affiches du film qui expriment bien, lorsqu'on les voit ensemble, toutes les facettes de ce film.

 

affiche 1 affiche 2 affiche 3

affiche 4 affiche 6 affiche 7

 

 

Ce film est un thriller psychologique déstabilisant, mais original et réussi !

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 19:16

Marquant, dérangeant, touchant, Precious, de Lee Daniels, est un film adapté du roman "Push" de Sapphire (je ne connais pas du tout).


affiche-fr-precious.jpg

 

Voici également l'affiche américaine du film. Il est très intéressant, je trouve, de comparer l'affiche française (ci-dessus) et l'affiche américaine, car elles mettent en avant des aspects très différents du film.

affiche US
C'est l'histoire de Precious, une jeune fille de 16 ans, Black, obèse, analphabète.

precious marche

 

Déjà mère d'une petite fille, elle est à nouveau enceinte ... de son père, apprend-on très vite. Car Precious est victime d'inceste. Violée par son père, maltraitée par sa mère qui la garde auprès d'elle uniquement pour percevoir les allocations, Precious subit chaque jour la violence physique mais aussi psychologique de la part de sa mère : toujours rabaissée, avec des objets volant très régulièrement autour de sa tête.


mère de precious-copie-1
Seul moyen pour Precious de se révolter dans cet univers familial lourd où sa fille trisomique est élevée par sa grand-mère en dehors du domicile familial, et où sa mère lui reproche de lui avoir volé son boyfriend : l'école.

precious et mango

 

Après avoir été renvoyée de l'école de son quartier, sa directrice lui reconseille une école "alternative".


precious, arrivée nouvelle école

 

C'est le début et la promesse d'une vie meilleure. Là, elle va rencontrer d'autres filles comme elle, blessées par la vie, ne sachant pas lire, et surtout une extraordinaire enseignante, qui va lui permettre de s'en sortir.

 

precious,prof au musée

 

Si vous m'avez lu jusque là, vous pourriez vous dire : oh là là, mais je n'ai aucune envie d'aller voir un film qui semble si noir, glauque, déprimant... Détrompez-vous ! Car à aucun moment ce film ne tombe dans le pathos. C'est un film plein d'espoir, sur la volonté et le courage d'une jeune fille, sur son parcours, sa lente remontée vers l'espoir...

 

amies de Precious

 

Le moment qui m'a le plus touché, par exemple, est celui où Précious (re)découvre la lecture, et, comme une enfant de CP, annone le titre d'un livre "A day at the beach" (qu'elle lit d'ailleurs "A day at the shore").


precious et sa prof


Les personnages sont magnifiquement incarnés par les acteurs, au premier rang desquels Gabourey Sidibe dans le rôle de Precious

 

precious et bébé

 

A citer aussi Mo'Nique impressionnante dans le rôle de la terrifiante mère de Precious, Paula Patton dans le rôle de la prof toute en douceur et en force de caractère, mais aussi Lenny Kravitz en sage-femme...


precious et infirmier

... ou Mariah Carey en assistante sociale.

 

assistante sociale et precious

 

Le film a reçu trois prix au Festival de Sundance: Grand Jury Prize: U.S. Dramatic, the Audience Award presented by Honda: U.S. Dramatic, et A Special Jury Prize for Acting.  

 

En conclusion, un film certes dur, mais une magnifique leçon de vie et de volonté que je vous reconseille vivement.

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 22:41
Un film dont je suis sortie le sourire aux lèvres, et avec une sensation d'optimisme et de légèreté... Un Clint Eastwood efficace.

invictus affiche

Année 1994, Afrique du Sud. Nelson Mandela (impressionnant Morgan Freeman) devient le premier président noir d'Afrique du Sud. Après des dizaines d'années d'apartheid, de ségrégation raciale, de violences, la tâche est immense pour réunir ce pays divisé, tendu.

invictus-6.jpg
Alors que Mandela s'installe au palais présidentiel, le personnel blanc se prépare à partir. En effet, pour eux, la situation est simple : après les blancs, les noirs prennent la tête du pays. Mandela lui-même a passé 27 ans en prison (libéré en 1990), et ils n'attendent rien de plus de sa part qu'un comportement similaire (c'est ce que j'ai ressenti dans la réaction des personnages dans le film). Mais Mandela a un autre destin en tête pour son pays : le réunir. En refaire une seule nation. Ainsi son service de sécurité sera à l'image de la nation qu'il désire : son service de sécurité personnel (des noirs) et l'ancien service de la présidence (des blancs) seront collègues. Et ce n'est pas si évident, au début ! Car la méfiance est de clé. Comment accepter ces hommes qui, il y a quelques mois, étaient encore à les arrêter et les jeter en prison ? Et de l'autre côté, comment faire confiance à ces hommes, n'ont-ils pas soif de vengeance ?
Mais la volonté de changement du président est la plus forte.

invictus-5.jpg
Et il sent bien que pour réunir le peuple, il faut un symbole fort. Son choix va se porter sur le sport. En effet, en 1995, l'Afrique du Sud accueille la coupe du monde de rugby. Son ambition : la gagner ! Mais ce n'est pas si simple ! D'un côté, la division entre populations noire et blanche trouve son illustration directe dans le sport : pour faire simple, les noirs font du foot, les blancs du rugby.
Et d'un autre côté, l'équipe nationale se fait surtout connaître par ses échecs successifs ! Alors il faut se mettre au travail ...

invictus 4
Car si les statistiques les donnent perdants, ce n'est pas encore fait ! Avec travail, volonté, esprit d'équipe, Mandela est convaincu que les choses peuvent bouger. Pour l'aider dans sa tâche, la motivation et la volonté du capitaine de l'équipe (Matt Damon) sera un pilier.

invictus-3.jpg

Je me suis prise complètement au jeu de ce film. Je ne connais rien au rugby, je ne regarde jamais les matchs à la télévision, et pourtant, j'ai été prise par la ferveur, l'enthousiasme qui se dégagent de ce film et des scènes de sport.

invictus3
Sans parler du "personnage" de Nelson Mandela, auquel Morgan Freeman donne vie de manière absolument incroyable !

invictus 1

Invictus est un beau film sur la tolérance et l'égalité entre les hommes. C'est un film positif (et qu'est-ce que ça fait du bien en ce moment !!!) qui choisit de montrer que, malgré les difficultés, ces élans de fraternité et de solidarité qu'offre le sport sont possibles. Alors évidemment, on se doute bien que tout n'est pas rose, et certains critiqueront peut être le fait que le réalisateur ne s'attarde pas sur la situation politique et sociale de l'époque. Mais je trouve que ce sont de mauvais arguments. Et en plus de la qualité de la réalisation et des acteurs formidables, j'ai trouvé que la musique portait le film du début à la fin.

invictus-7.jpg

Finalement, une question que vous pouvez légitimement vous poser : Invictus ? pourquoi ?

"Invictus" est le titre d'un poème de William Ernest Henley, écrit en 1875. Le poème préféré de Nelson Mandela. Le voici


Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,

I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.

Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow'd.


Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,

And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.


It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,

I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.
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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 13:01
J'ai vu hier Bright Star, le dernier film de Jane Campion, la réalisatrice de La leçon de piano. Ce film traite des amours du poète romantique anglais John Keats et de Fanny Brawne. Rythme très lent, esthétique incroyable, beauté des lumières, histoire d'une passion... Un film dont je ne suis pas ressortie indemne.

bright star affiche 
Et pourtant, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le film. J'avais l'impression que les personnages étaient mal présentés... Je ne reproche pas vraiment le fait de ne pas comprendre qui est qui à l'écran (c'est un choix de mise en scène), mais je m'interroge quand même un peu sur l'intérêt et le choix des premières scènes (on voit Fanny avec sa famille, qui va rendre visite à une dame dont j'ai oublié le nom, qui loue à Mr Brown une partie de sa maison).

L'antipathie entre Mr Brown et Fanny est immédiate (enfin tout au long du film j'ai eu envie d'entrer dans l'écran et de donner une paire de claques à ce Mr Brown !!!). On voit aussi Fanny faire ses propres vêtements (elle adorait la couture et la mode).

BS 8
En même temps, je peux aussi les justifier en sens inverse et voir que le film est au rythme de la vie de Fanny Brawne, et que le début se justifie par la première rencontre avec Keats. A ce moment là, on ne connaît pas Fanny, et c'est au fur et à mesure qu'on la voit qu'on la découvre... Un peu comme Keats qui ne la connaît pas et qui la rencontre pour la première fois... On voit une jeune fille vive, qui aime la couture, les bals...

BS 2
Le début de la relation entre Fanny et Keat m'a paru assez sèchement présentée. Il est vrai qu'on dit que l'amour n'a pas de loi, parce que c'était elle, parce que c'était lui, etc, mais là on ne voit pas vraiment l'amour, tout du moins sur toute la première partie de leur relation ... J'ai eu du mal à comprendre comment ils tombaient amoureux l'un de l'autre... Peut être est-ce à cause de la manière de jouer de Ben Whishaw (Keats). Je trouve que sa manière de jouer est très sobre (trop...), voire uniforme, manquant un peu de fragilité dans l'ensemble (sauf à certains moments, mais en un mot, il ne m'a pas autant convaincue que sa compagne de jeu).


Mais voilà ... il y a un moment où je suis (enfin !) rentrée dans le film... Je ne pourrais pas dire à quel moment, et à partir de là, je me suis identifiée à Fanny (magnifiquement interprétée)... Et mon regard a changé.

BS14

Alors que pendant un long moment au début, j'étais extérieure et les images me paraissent belles, mais le tout un peu ennuyeux, à partir du moment où je suis "entrée" dans le film, les images, le rythme, tout m'a paru beau...

BS 16
Il y a des images magnifiques...

BS 11
BS 10

On respire, on vibre en même temps que Fanny...

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Tout a pris une dimension différente à mes yeux...

BS 13
J'aime beaucoup aussi le petit frère et surtout la petite soeur de Fanny, et la relation qu'ils entretiennent...

BS9
On a vraiment l'impression de vivre au même rythme qu'eux !

On voit la relation entre Keats et Fanny fleurir, s'épanouir...

BS 15
On ressent ses peines, ses doutes, et surtout le côté absolu de sa passion face à laquelle elle se sent complètement soumise.

BS 4
On ressent sa douleur lorsqu'elle est séparée de Keats, parce que celui-ci doit aller à Londres pour raisons professionnelles par exemple...

BS 6


La révélation du film, c'est l'actrice qui joue Fanny Brawne, Abbie Cornish . Je ne connaissais pas cette actrice, mais je l'ai trouvé incroyable, d'une justesse époustouflante.

BS3

Sur les scènes de fin, elle était déchirante et sublime.

BS 12


Je suis sortie du cinéma une boule dans la gorge...


Au final, j'ai du mal à vous donner mon opinion. Car le film a des faiblesses, j'ai eu du mal à entrer dedans, mais après tout c'est un point de vue totalement subjectif ... Il y a de belles images, les scènes de fin sont subliment interprétées, mais j'ai quand même eu une impression de longueur du film (alors si vous ne "rentrez" pas de dedans, ça doit paraître vraiment long)...

Et d'un autre côté, à partir du moment où je suis rentrée dans le film, tout m'a paru d'une magie et d'une beauté rares. Et finalement, je reste avec une impression de film d'une rare poésie porté par une jeune actrice à la sensibilité magnifique.
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