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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 10:21
Aujourd'hui m'incombe la désagréable tâche de vous expliquer à quel point cette "suite officielle" m'a déçue. Je dis désagréable, car j'ai toujours l'impression, quand un livre m'a autant déplu, que j'ai manqué quelque chose...



Trêve de bavardages, il faut que je me lance.

J'ai acheté ce livre, parce que j'avais adoré Dracula, de Bram Stoker (1897). Intriguée par ce livre, je craignais un peu le coup marketing, mais étais quand même intéressée...

Avant tout, quelle est l'histoire ?
Après un prologue où l'auteur s'attache à résumer le roman de 1897 (je ne vois toujours pas l'intérêt littéraire), on se retrouve 25 ans après la fin du livre originel. Les héros d'antan sont éparpillés un peu partout, mais cette expérience avec les vampires les a complètement détruits : Jonathan est devenu alcoolique, Mina ne vieillit pas, Seward est obsédé par cette histoire... On rencontre Quincey Harker, le fils de Mina et Jonathan, jeune homme qui n'a pas envie de suivre la voie prévue par ses parents (les études à la Sorbonne) mais qui préfère largement le théâtre. Il est d'ailleurs complètement fasciné par le mystérieux Basarab, un acteur d'un talent fou, qu'il va rencontrer dans les péripéties de ce livre... En même temps, des meurtres monstrueux, sanglants ont lieu, de la France à l'Angleterre. Serait ce le comte qui serait de retour, lui qui est mort sous les yeux de Jonathan, Mina, Arthur Holmwood, le Dr Seward et le Pr Van Helsing ? Ou un autre monstre sanguinaire ?
Dans ce roman, on croise Bram Stoker, qui monte au théâtre son Dracula, ou encore un inspecteur Cotford qui enquête sur Jack l'Eventreur.


Et donc, je n'ai pas aimé. Certes, le coup marketing était très beau, mais ça s'arrête là. Ce pavé (mais pourquoi tant de longueur(s) ? ) ne brille ni par son originalité, ni par son style, ni par une quelconque construction des personnages (c'est bien beau de se dire "suite officielle", mais je n'ai retrouvé aucun des personnages de Bram Stoker tels que je les connaissais). Je trouve que ce roman manque cruellement de subtilité, tant dans le style que dans les événements. Autre chose qui m'a gênée, le côté très hâché du texte : j'aurais préféré plus de fluidité.

Certes, je brosse là un portrait bien sinistre, mais je n'arrive pas à voir ce qu'amène cette suite. Elle n'apporte rien à l'histoire originelle. Au contraire, elle bloque notre imagination en partant dans de systématiques explications tant au niveau de cette histoire, que celle écrite plus d'un siècle plus tôt par Bram Stoker (et qui est d'une qualité bien différente !).

Et je n'ai pas parlé des vampires ! Je ne comprends pas ce choix de relecture du personnage de Dracula, que je ne peux évoquer ici sans spoiler.

En conclusion, une grosse déception

Mon conseil, lisez Dracula, de Bram Stoker, le vrai, le seul, l'unique !!!
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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 18:29

Après plusieurs jours d’absence due à une grippe, je reviens dans le monde des vivants et de la blogosphère pour vous faire le récit de mon voyage en Angleterre, comme je vous l’avais promis ! Enfin, j'ai déjà rempli une partie de ma mission en vous parlant de la pièce de théâtre Pride & Prejudice, vue à Cambridge !

 


 

Et pour vous permettre de vous repérer un peu, voici une carte.


Arrivée le jeudi en fin de matinée, mes amies et moi avons pris le train pour Cambridge, en partance de Kings' Cross ! Pour les amateurs d'Harry Potter, sachez qu'il y a dans un petit recoin l'entrée du fameux quai 9 3/4 !!!

 


Malheureusement, que des moldus à l'horizon !

 

Nous nous sommes donc confortablement installé dans le train régional direction Cambridge, à un peu plus d'une heure de Londres. Notre hôtel était situé de manière très pratique pour nos déplacements, juste à côté de la gare. Les bagages posés, nous sommes vite parties en expédition dans les rues de cette ville aux célèbres colleges anglais. Le ciel était gris mais il n'a pas beaucoup plu (par contre, pour le lendemain, on ne peut pas en dire autant !!!).

 

La gare étant en bordure de la ville, nous avons donc commencé à nous rapprocher du centre historique ... Cambridge est une ville qui se découvre petit à petit...

 


Déjà dans cette grand rue (Hills Road, qui se prolonge en Regent Street et arrive au coeur plus ou moins piétonnier), on se sentait dépaysé de la France. Pas encore de vieilles pierres ou de pelouse verte, mais déjà, on était en Angleterre, ça, on ne pouvait pas se tromper...

 

 

 Cette rue est aussi une artère commerçante, ou on trouve des boutiques en tout genre... Celle ci m'a bien tenté, mais l'envie de voir la ville historique avant la nuit a été la plus forte. Et pourtant ... !!!

 

 

Puis nous avons commencé à nous rapprocher de notre but. En attendant, une église, qui m'a marqué parce qu'elle avait une couleur très particulière, due aux pierres (cailloux ?) qui la recouvraient.

 

 

Et enfin, complètement par hasard, nous avons aperçu un college, le Christ College !

 

 

Dont voici l'entrée

 

 

L'entrée était libre. Nous nous sommes donc empressé de franchir le seuil, pour découvrir : ça

 

 

Ca valait le coup !

 

Si vous vous demandez ce qui est représenté au dessus de la porte en bois à gauche de la photo, voici la réponse:

 

 

 

Et question beauté, je ne vous parle même pas du jardin, qui avait revêtu ses couleurs d'automne... Quel spectacle ! En plus, lorsque nous sommes arrivés au jardin, des jardiniers travaillaient et nous ont tout de suite dit que l'on pouvait marcher sur la pelouse ! J'ai été un peu surprise au début, m'attendant à ce qu'au contraire il nous demande de faire attention... mais non ! Quel plaisir de marcher sur une telle pelouse !

 

 

Jamais je n'aurais deviné qu'il y avait un tel jardin en passant devant l'entrée (rappelons que nous étions sur la rue principale). C'est incroyable le calme qui pouvait régner là...

 

 

J'avais comme l'impression d'être hors du temps ...

 

 

 

Puis nous avons laissé ce petit paradis, pour repartir à la découverte de Cambridge...

 

 

 

 

Allez, je vous laisse sur ces images du jardin du Christ's College ! A plus tard !

 

 

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 20:55
Après le livre de Jane Austen, qui a donné lieu à téléfilms, films et nombreux ouvrages dérivés, voici la version théâtre du roman préféré des Anglais (d'après une enquête de 2003 si ma mémoire est bonne).

Eh bien, je peux vous dire que c'était très réussi !!! J'ai tout simplement a-do-ré !!! Et je n'étais pas la seule, à voir et entendre les réactions de la salle...


Ainsi, jeudi 12 novembre, au Cambridge Arts Theatre, j'ai assisté à la représentation de Pride and Prejudice, produite par le Theatre Royal Bath Productions, adapté par Simon Reade et mis en scène par Toby Frow. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur cette production, je suis tombée sur ce site en faisant des recherches et contient plein d'infos : équipe au complet, photos (que vous verrez ci dessous)... Cliquez ici !



Présentée en tête d'affiche, Susan Hampshire (The Forsythe Saga, Vanity Fair, ...) campait la fameuse Mrs Bennet. Et son interprétation était excellente ! Elle m'a vraiment convaincue. Je me demande même si ce n'est pas finalement ma Mrs Bennet préférée !
Face à elle une équipe de comédiens plein d'énergie et d'enthousiasme, menée par Katie Lightfood - jeune diplômée de RADA (la meilleure école de théâtre anglaise) que vous avez pu apercevoir dans The Turn of the Screw (BBC) - en Elizabeth Bennet. Les comédiens ont réussi à faire vivre les magnifiques mots de Jane Austen, superbement mis en valeur par une mise en scène ingénieuse et dynamique.

Beaucoup de mots, me reprocherez-vous, mais concrètement, comment c'était ???

La mise en scène respectait l'époque du livre, comme vous pouvez le voir par les costumes.

De gauche à droite: Lizzie, Mary, Lydia, Mr Bennet assis et Kitty

De nombreuses scènes de danse ponctuaient joyeusement la pièce.


D'ailleurs, cette photo vous donne une bonne idée de l'espace scénique.

Les décors étaient sobres, mais suggéraient bien l'ambiance.

De gauche à droite: Jane, Lizzie (en bleu), Mary (et son violon sur la table), Mrs Bennet

Mary Bennet a vu son rôle quelque peu modifié (étoffé), car la comédienne, munie d'un violon, avait un rôle central : elle lançait les scènes de quelques notes, emmenait les danseurs dans les scènes de bal, ou encore nous faisant ressentir les émotions agitant les héros.

De son côté, Mr Collins est mon petit coup de coeur : une interprétation entièrement dans l'excès, mais très réussie, hilarante. Imaginez vous une sorte de Mr Collins en Mr Bean au niveau des expressions... Génial !!!

Mr Bingley était très charmant et attachant.



Quant à sa soeur, une vraie tête à claque...

De gauche à droite, Darcy, Bingley, et Caroline Bingley

Mr Darcy était un "beau ténébreux"...


...malheureusement, j'ai trouvé son jeu un peu trop uniforme.

La complicité entre les personnages fonctionnait à merveille : ici, l'arrivée au bal de Netherfield : Mrs Bennet, sa soeur, et ses filles : Kitty, Lydia et Jane accueillies par Mr Bingley.



Finalement, le personnage de Mr Bennet était un peu effacé (faire tenir en 2h un livre tel que Pride & Prejudice, sur scène, est un vrai challenge !). Mais cela convenait bien à ce que ce personnage peut dégager / représenter. Car je ne dis pas non plus qu'il était transparent ou absent ! Non, on ressentait bien la complicité avec Lizzie d'ailleurs !

Mr Bennet, lettre en main, lettre annonçant l'arrivée de Mr Collins !

J'ai aussi apprécié le traitement de la relation Mrs / Mr Bennet, qui était plus proche du roman que celle du film 2005 (je me souviens de quelques discussions que cela avait suscité à l'Auberge).

Voici justement Mrs Bennet, à bouts de nerfs alors que sa fille a disparu, entourée par trois de ses filles (Mary à gauche, Lizzie et Jane)




En conclusion, une soirée exceptionnelle que je ne suis pas prête d'oublier !

Darcy et Lizzie
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:52
Avant de me mettre comme promis au récit de mon séjour à la découverte de Jane Austen et Sherlock Holmes, je voudrais vous parler d'un petit livre que j'ai lu ce matin et qui m'a énormément touchée. Il s'agit d'un roman d'Eliette Abécassis (c'est d'ailleurs le premier livre que je lis de cet auteur), intitulé La Répudiée (2000). C'est le récit d'un amour absolu. Un grand merci à Claire de m'avoir prêté ce texte.

Pour moi, ce n'est pas un roman, c'est un monologue de théâtre, un poème, une psalmodie. C'est envoûtant, pudique et sensuel à la fois.


De quoi ça parle ?

La voix du narrateur est celle de Rachel. Elle a 26 ans, est mariée à Nathan depuis 10 ans, et vit à Méa Shéarim, un quartier très traditionnaliste de Jérusalem.
Cet homme à qui elle est mariée, elle ne l'a pas choisi. Mais dès leur premier regard le jour de leur union, elle a su qu'il serait l'homme de sa vie, celui à qui elle était destinée.

Mais voilà, au bout de 10 ans de mariage, elle n'a toujours pas conçu d'enfant. Or, la loi hassidique donne le droit à l'époux de répudier sa femme, si elle est stérile, au bout de 10 ans. Car selon les croyances, l'amour ne compte pas, le mariage est fait pour avoir une descendance. Et c'est ce qui va la détruire...


Les premières pages ont été un peu difficiles car j'ai été surprise par le style, très marqué (un peu psalmodique). Mais je suis vite rentrée dedans.

Ce livre m'a révoltée et touchée.

Révoltée, car on sent la dictature de cette loi, qui condamne au malheur ces femmes qui n'ont pas de vraies libertés, aucune indépendance. On sent que leur manière de penser est totalement régie par cette loi, par leur éducation.

Touchée, car au bout de quelques pages, j'étais totalement entrée dans l'histoire, et je suivais les émotions et douleurs de cette jeune femme.

C'est un texte que j'avais envie de lire à haute voix, dont j'avais envie de faire résonner les mots.

Voici un extrait du premier chapitre, une sorte d'invitation à entendre le récit de Rachel :

"Nous habitons Jérusalem mais en fait nous n'y sommes pas. Nous sommes ailleurs. Nous ne sommes nulle part. Nous sommes à Méa Shéarim. Entre la vieille ville et la ville nouvelle, c'est un quartier aux maisons basses, aux cours entrelacées, entrées infinies, tunnels confidentiels, petites chambres, mansardes ou caves, balcons de fer forgé, intérieurs, extérieurs, enclaves secrètes. Entrez, venez parmi nous, vous verrez les Hassidim au pas pressé, dans les yechivas où l'on étudie la nuit, le jour, et encore la nuit. Entrez donc, voyez ces hommes aux papillotes, aux lévites et aux barbes noires. Entrez la tête couverte, mais entrez, car l'on ne cesse d'entrer ici, cour après cour, couloir après couloir, boutique et arrière-boutique, entrez donc, et vous sauterez de l'autre côté du miroir de ce pays que l'on ose nommer. Pourtant, nous sommes au coeur d'Israël, au centre de Jérusalem, près de la porte de Damas et du quartier arabe de la vieille ville. Alors entrez, et peut-être posséderez-vous l'avenir, comme nous, si vous rencontrez l'enthousiasme, et peut-être saurez-vous pourquoi le monde fut créé. Mais c'est un secret que ne peuvent connaître que ceux qui entrent, ensemble, sable et mer, dans cette vaste famille qu'est la nôtre. Entrez donc, et regardez : nous sommes tous les mêmes avec nos vêtements sombres, notre démarche empressée, et surtout nos yeux, étoiles fatiguées par des nuits et des nuits de veille."



Pour moi, l'histoire de cette femme est une tragédie antique.
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 13:20

Acheté à la gare de St Pancras avant de prendre mon Eurostar, sur les précieux conseils de Rolidiffy, je viens de découvrir le commissaire vénitien Guido Brunetti dans sa première enquête : Death at la Fenice (le livre a aussi été publié en France sous le titre Mort à la Fenice). Ce roman de Donna Leon, publié en 1992, est le premier d'une série dans laquelle je viens de plonger avec plaisir !

C'est un excellent roman policier, dont la qualité repose sur une intrigue bien menée, un environnement fascinant (le Venise hors touristes), un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée du commissaire, et surtout un style qui met bien en valeur l'analyse psychologique des personnages.

 

    donna-leon-1.jpg    mort---la-fenice.jpg


Tout commence à la Fenice, un des opéras de Venise, à la reprise du troisième acte de la Traviata de Verdi. Le public a regagné la salle, le silence se fait, l'orchestre est de retour, prêt pour le maestro. Mais celui se fait attendre... Que se passe-t-il ? Les minutes s'égrennent, et toujours pas de chef d'orchestre. Le malaise s'installe. C'est alors que le directeur apparaît sur scène, demande un docteur, et annonce que la fin de l'opéra sera dirigée par un autre chef d'orchestre. Et pour cause, on apprend peu après que le grand maestro Helmut Wellauer, un des plus grands chefs d'orchestre au monde, vient d'être assassiné dans sa loge pendant l'entr'acte, du poison dans son café. Le commissaire Brunetti est dépêché sur les lieux.

Quelques mots à propos du personnage principal. Guido Brunetti vit à Venise avec sa femme (issue d'une vieille famille noble de Venise), et ses enfants. Voici la première description du personnage, sous la plume de Donna Leon (chapitre 2), alors qu'il vient d'entrer sur la scène de crime :

"Still only a short distance into the room, Brunetti remained still and let his eyes roam, taking note of what he saw, uncertain about what any of it might come to mean, curious. He was a surprisingly neat man: tie carefully knotted, hair shorter than was the fashion; even his ears lay close to his head, as if reluctant to cause attention to themselves. His clothing marked him as Italian. The cadence of his speech announced his was Venitian. His eyes were all policeman."

Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est le style de Donna Leon : on ressent les doutes, les hésitations de Brunetti lorsqu'il doit annoncer le décès à des proches de la victime, ou lorsqu'il doit poser des questions délicates aux témoins. Face à lui, on ressent la réticence à parler, le dégoût, la colère, la réticence à se replonger dans le passé, ou encore l'antipathie ou la fascination que peuvent susciter certaines personnalités.
Voici un exemple, lorsque l'épouse du chef d'orchestre découvre la mort de son époux. Voici ce que pense Brunetti (chapitre 2):

"It seemed, in this moment, that he had spent his entire life doing this to people, telling them that someone they loved was dead or, worse, had been killed. His brother, Sergio, was an X-ray technician and had to wear a small metallic card pinned to his lapel that would turn a strange color if it was exposed to dangerous amounts of radiation. Had he worn a similar device, sensitive to grief or pain or death, it would have changed colour permanently long ago."

Et surtout, le roman ne s'arrête pas aux heures ouvrables de l'enquête ! Brunetti a une vie à côté de son travail, vie dans laquelle il ne peut se détacher de l'enquête, et des questions et doutes qu'elle pose. On rencontre Paola, l'épouse de Brunetti, sa belle-famille, qui vit dans un palazzo, ses enfants. D'ailleurs, j'ai adoré leur soirée Monopoly !!!


En conclusion : en tant que roman policier, un très bon cru !

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 16:22
J'ai été taggée par Camille. Ce tag s'intitule "Seven things shapping my fall". Il s'agit de choisir sept choses qui font mon automne...


1) Me lancer dans l'aventure de la blogosphère




2) Regarder les feuilles changer de couleurs



J'adore les couleurs de l'automne, c'est un plaisir de voir ce festival de couleurs... Avant l'hiver qui arrive, les arbres lui font un dernier pied de nez coloré et sublime avant de s'incliner devant cette saison rigoureuse


3) Découvrir des classiques du cinéma en noir et blanc

Gene Tierney, dans L'Aventure de Mme Muir

Avec le temps qui devient froid et gris, quoi de mieux que de se réfugier dans une salle de cinéma ou de se mettre devant sa télé avec de bons films ? Cet automne, j'ai ainsi découvert et adoré It's a wonderful life de Frank Capra, L'aventure de Mrs Muir de Mankiewicz, et Orphée de Cocteau.


4) Prévoir des visites d'expos




Plein d'expos me donnent très envie, mais j'ai réussi l'exploit de n'en avoir vu aucune à ce jour... Il va falloir que je me dépêche avant qu'elles se terminent ! Entre autres Renoir au Grand Palais, Titien, Véronèse et Tintoret au Louvre, Bruegel, Memling et Van Eyck au Musée Jacquemart-André, ou encore L'Age d'or hollandais à la Pinacothèque de Paris...


5) Me mettre à la broderie



Ceci est d'ailleurs ma première broderie au point de croix !!! J'ai trouvé la grille au Bonheur de Brodeuses. Ca faisait un certain temps que je voulais m'y mettre, et grâce à mes amies de l'Auberge et leurs précieux conseils, j'ai pu me lancer !


6) Regarder des adaptations de Jane Austen et rêver ...

Chawton, Jane Austen's House, affiche


7) Me régaler de boissons chaudes !



Dès que les températures commencent à baisser, je commence à augmenter ma consommation de boissons chaudes : thé, café, chocolat... Miam !



Je tag qui veut ! (j'ai l'impression que ce tag a déjà bien voyagé ...)
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 15:39
Voilà près d'une semaine que j'ai délaissé mon blog... Shame on me ! Mais j'ai une bonne excuse : je n'avais pas internet !!! Je reviens d'un voyage de quatre jours en Angleterre.

La gare de St Pancras, voisine de celle de Kings Cross

Voilà deux ans que je n'y étais pas retournée, et ce pays me manquait. D'ailleurs, c'est la première fois que j'arrivais par St Pancras, et non pas par Waterloo. Londres est vraiment tout à côté de Paris désormais !!! Ce séjour m'a fait un bien fou, c'était génial, surtout que j'ai pu partager ce séjour avec des amies.


Dans les prochains jours, vous allez donc voir arriver ici des billets sur la pièce de théâtre adaptée de "Pride & Prejudice",  les rues de Cambridge, le musée Sherlock Holmes à Londres, la maison de Jane Austen à Chawton, la cathédrale de Winchester, sur les colleges anglais ou encore les couleurs de l'automne...

Jardin du Christ's College, Cambridge

Sans parler des DVD sur lesquels je me suis jeté !!!



A savoir : Jane Eyre, version avec Timothy Dalton, Northanger Abbey, Persuasion, Miss Austen Regrets, et le film The Young Victoria, que j'avais manqué lors de sa sortie ciné.


Et j'ai en plus, grâce à Camille, un tag auquel je me dois de répondre !!!


A bientôt !
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 14:16
Ce film de Cocteau de 1950 est une lecture du mythe antique d'Orphée et d'Eurydice.



A mes yeux, ce film est une véritable oeuvre d'art...

...du générique ...



... à l'image de fin.




Ce film n'est pas racontable; il faut le voir, le regarder, se laisser porter et emporter par lui, accepter le voyage qu'il nous propose.

Cependant, il me tient à coeur de vous présenter cette oeuvre magnifique.


Tout commence par une voix parlant sur cette image


"On connaît la légende d'Orphée. Dans la mythologie grecque, Orphée était le chantre de Thrace. Il charmait même les bêtes. Ses chants le distrayaient de sa femme, Eurydice. La mort la lui enleva. Il descendit aux Enfers, les charma, et obtint de revenir avec elle, sous condition de ne jamais la regarder. Mais il la regarda et fut déchiré par les Bacchantes. Où se passe notre histoire ? Et à quelle époque ? C'est le privilège des légendes d'être sans âge..., comme il vous plaira. "



Orphée, c'est Jean Marais qui lui donne vie.


Bel homme, poète de profession, marié à Eurydice, il m'apparaît comme assez égoïste, se faisant passer avant tout. Ses oeuvres ont du succès, il est reconnu. D'ailleurs, cela provoque des tensions dans le village près duquel il vit.


Sa femme, Eurydice, apparait sous les traits de Marie Déa.


Elle est aimante, aimable, attentive aux autres. Je l'ai trouvé attachante.


L'équilibre de ce couple est cependant très vite remis en cause par la rencontre d'Orphée avec une femme très msytérieuse (Maria Casarès, majestueuse), la Princesse la surnomme-t-on.



La première fois qu'Orphée pose les yeux sur elle, il est attablé à un café. L'homme avec lequel il parle lui indique que cette inconnue commandite une revue littéraire. Orphée feuillette alors l'exemplaire de cette revue ...



" ORPHEE : Je ne vois que des pages blanches.
L'HOMME : Cela s'appelle "Nudisme" [c'est le titre de la revue]
ORPHEE : Mais c'est ridicule
L'HOMME : Moins ridicule que si ces pages étaient couvertes de textes ridicules. Aucun excès n'est ridicule... Orphée, votre plus grand défaut est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.
ORPHEE : Le public m'aime.
L'HOMME : Il est bien le seul.
"

C'est alors que Jacques Cégeste, jeune poète de 18 ans, qui était accompagné par cette inconnue, se fait renverser par deux motards qui prennent la fuite. Il est mort.


Cette image, où l'on voit ce corps, tête ballante, être transporté, est très forte, marquante, et rend mal à l'aise.

Le pensant blessé, la mystérieuse inconnue le prend dans sa voiture avec chauffeur. Je ne vous ai pas encore présenté le chauffeur de la princesse ! C'est Heurtebise (François Perier).


Un personnage que j'ai trouvé très attachant. J'ai beaucoup aimé la gentillesse dont il fait preuve. Il est très sympathique. D'ailleurs, la scène de rencontre entre Heurtebise et Eurydice est magnifique.


Heurtebise ramène Orphée chez lui.
(J'adore cette image où Cocteau fait de la statue un personnage pour le spectateur, même si Orphée et Heurtebise n'ont pas un regard pour elle. Dans tout ce film, les effets, les lumières et les plans sont ingénieux, poétiques, fascinants...)



Dans la voiture d'Heurtebise, Orphée tombe sur une radio qui le fascine. Et il semble que cette fréquence, il ne puisse la trouver que dans la voiture d'Heurtebise. Cette radio devient pour lui une sorte d'obsession...



... Pour Orphée, cette radio est fascinante, des phrases semblent être prononcées de manière aléatoire comme "Les miroirs feraient bien de réfléchir davantage", phrases qu'il recopie soigneusement.




Mais la radio n'est pas la seule obsession d'Orphée. Cette femme mystérieuse qu'il a rencontré le fascine profondément...




Onirique, mystérieux, poétique, ce film joue avec nos rêves, nos peurs, nos fantasmes. Voyage entre l'inconscient, la vie, la mort, le destin, le temps, ce film est unique.
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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 11:42
Je viens de dévorer les tomes 3 et 4 des Enquêtes d'Enola Holmes, la petite soeur de Sherlock, écrits par Nancy Springer. Je dis "dévorer" car ces livres m'emportent et m'enthousiasment toujours autant ! J'adore le personnage d'Enola, les sentiments qui l'animent, et notamment la relation qu'elle entretient avec son frère Sherlock. C'est écrit avec brio, le style est vif, brillant, le vocabulaire riche. Un délice de lecture !



Dans le tome 3, Le Mystère des pavots blancs, le docteur Watson disparaît.

Dans le prologue de ce roman de Nancy Springer, on se retrouve dans un asile (rappelons que nous sommes à Londres en l'année 1889), où l'on tombe sur le fidèle ami de Sherlock Holmes interné sous le nom de Kippersalt. Et malgré ses protestations virulentes, personne ne cherche à vérifier ses dires ! Mais comment a-t-il bien pu arriver là ?

Puis notre héroïne apparaît, peu de temps après les terribles aventures du tome 2. Toujours à se cacher de ses frères (Mycroft, son tuteur, veut l'envoyer en pension pour en faire une jeune fille de bonne famille bonne à marier, ce contre quoi elle résiste ; elle veut garder à tout prix son indépendance et sa liberté), elle craint que sa couverture en tant que Miss Ivy Meshle, secrétaire du Dr Ragostin, spécialiste en disparitions, n'ait été compromise. D'ailleurs, le prénom Ivy n'est pas un hasard car Ivy (= lierre, en anglais) est le symbole de la fidélité. D'ailleurs, tout au long de ce tome (comme dans toute la série), la symbolique du langage des fleurs tient une place de choix. Et c'est tout à fait fascinant...

On retrouve aussi dans cette épisode cette chère Mrs Tupper, vieille femme sourde, mais sympathique et pas très curieuse, à qui Enola loue une chambre.

C'est en lisant les journaux qu'elle va découvrir la disparition du Dr John Watson, ce à quoi elle réagit immédiatement

"Je ravalai un soupir. Le Dr Watson, je le tenais en haute estime. Certes, je ne l'avais rencontré que trois fois : la première, le jour où il était venu consulter le fameux "spécialiste en recherches" par amitié pour Sherlock Holmes ; la deuxième, lorsque j'étais allée lui poser une question et qu'il m'avait donné un peu de bromure contre un soudain mal de tête ; la troisième, lors de cette funeste nuit où je lui avais amené une jeune blessée à soigner d'urgence. Mais c'était assez pour voir en cet homme - qui aurait pu être mon père - le type même du parfait gentleman anglais, solide, courtois, généreux, prêt à venir en aide à chacun. Il m'inspirait une confiance instinctive, un mélange d'admiration et de sourde tendresse assez proche de ce que j'éprouvais pour Sherlock. Car paradoxalement j'aimais ce frère aîné, même si je dois bien avouer que je ne le connaissais guère, lui non plus, en dehors des écrits de son ami Watson justement, Watson dont je dévorais les récits avec la même avidité que des millions de lecteurs en Angleterre - au point de les lire dans un périodique avant même leur parution en livre.
Mais pourquoi, pourquoi étais-je condamnée à devoir toujours me garder des gens que j'aimais le plus ?"


Son enquête l'amène à rencontrer la douce Mary Watson, l'épouse du Dr Watson, chez qui elle découvre un bouquet extrêment étrange, du moins à ses yeux car elle sait y lire la symbolique qu'il véhicule. Serait-ce un début de piste ?

Comme dans tous les tomes, on retrouve Enola, sa personnalité si attachante : ses doutes, sa volonté, sa peur de se faire retrouver et de perdre sa liberté, mais son besoin d'affection et de tendresse, la relation paradoxale qui la lie à son frère Sherlock, sa curiosité, son talent à dessiner et caricaturer, ses craintes...

A lire !

Tout comme le tome 4 que je vais vous présenter brièvement



Le secret de l'éventail (tome 4, et dernier traduit à ce jour) débute par un prologue : Sherlock et Mycroft discutant d'Enola. Car ils n'arrivent à la retrouver, cette jeune soeur ! Et Mycroft désespère d'en faire une jeune femme en tout point conforme à ce que la société de l'époque exige.

D'ailleurs, je crois que c'est une des choses que je préfère dans ces romans : les rapports entre ces frères et soeur, si complexes et si bien rendus qu'on ressent vraiment les émotions qui les animent.

Dans ce tome 4, on retrouve Lady Cecily Alistair, la jeune fille qu'Enola avait sauvé dans le tome 2. Et elle va à nouveau devoir déployer des trésors d'ingéniosité et d'intelligence, car cette pauvre Cecily se trouve à nouveau dans une situation de laquelle elle est prisonnière, dans tous les sens du terme. Mais je n'en dirais pas plus, pour vous laisser le plaisir de la découverte !!!

Allez, pour le plaisir, une petite citation de ce tome. Dans ce premier chapitre, Enola, qui a repris sa couverture d'Ivy Meshle, s'interroge. Elle désire rechercher sa mère, mais elle n'a pas encore commencé... Enfin pourquoi, se demande-t-elle ...

"Malgré quoi, on était en mai et je n'avais toujours rien engagé en ce sens, sans d'ailleurs pouvoir spécifier pourquoi - n'était que mes "affaires" me retenaient à Londres.
Affaires, vraiment ? Un toutou, une babiole et un tibia ?
Mais un client était un client, raisonnais-je. Aucun d'eux, et pour cause, n'avait rencontré en personne l'illustre (et fictif) Dr Ragostin. C'était "miss Meshle", sa fidèle assistante, qui avait rendu à la veuve éplorée son adorable bichon frisé, récupéré au bout de trois jours chez un commerçant véreux de Whitechapel, connu pour son négoce de chiens de race "recueillis errants". La même miss Meshle avait résolu en un tournemain l'énigme du rubis introuvable, en envoyant un gamin jeter un coup d'oeil au creux d'un nid d'une pie, à la cime d'un tilleul, non loin des fenêtres de la douairière. (Quel plaisir c'eût été pour moi de grimper là-haut moi-même ! Mais les convenances l'interdisaient.) Quant au précieux tibia du général d'armée, j'étais plus ou moins sur sa piste... lorsque le hasard me plaça sur une affaire plus palpitante et, l'avenir devait le démontrer, nettement plus brûlante."


Si vous voulez savoir quelle est cette affaire, précipitez vous sur les enquêtes d'Enola Holmes !!!



D'ailleurs, j'en profite pour vous inviter à découvrir le site de Nathan www.enolaholmes.fr, où vous pouvez découvrir le premier chapitre du premier tome ! C'est ici !
A déguster pour ceux qui ne sont pas encore tombées sous le charme de la petite soeur de Sherlock !

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Published by Artemis - dans Livres jeunesse
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 17:21

Je continue à recycler certains de mes posts de l'Auberge, qui me tiennent particulièrement à coeur. Et c'est le cas du ballet Blanche Neige, de Preljocaj, vu au Deutsche Oper de Berlin en mai 2009.


Le ballet était dansé par la troupe du Staatsballett Berlin, et les interprètes incarnaient leur rôle avec talent et passion. C'était génial. Il faut dire qu'en tant que création contemporaine (au sens premier, c'est à dire créé aujourd'hui), le ballet est accessible. Certes, il y a des passages un peu longuets (notamment les scènes au château, avec le corps de ballet), mais d’autres vraiment sublimes (pas de deux entre Blanche-Neige et le Prince par exemple).

Pour commencer, une petite photo des répétitions (on voit le chorégraphe sur la droite, devant le miroir)




Voici ce que Angelin Preljocaj écrit (source : www.preljocaj.org) à propos de son ballet :

 


"J'avais très envie de raconter une histoire, d'ouvrir une parenthèse féerique et enchantée. Pour ne pas tomber dans mes propres ornières sans doute. Et aussi parce que, comme tout le monde, j’adore les histoires. Je suis fidèle à la version des frères Grimm, à quelques variations personnelles près, fondées sur mon analyse des symboles du conte. Bettelheim décrit Blanche Neige comme le lieu d’un œdipe inversé. La marâtre est sans doute le personnage central du conte. C'est elle aussi que j'interroge à travers sa volonté narcissique de ne pas renoncer à la séduction et à sa place de femme, quitte à sacrifier sa belle fille. L’intelligence des symboles appartient aux adultes autant qu'aux enfants, elle parle à tous et c’est pour cela que j'aime les contes.
Blanche Neige est un ballet narratif, avec une dramaturgie. Les lieux sont représentés par les décors de Thierry Leproust. Les 26 danseurs de la compagnie incarnent les personnages dans des costumes de Jean Paul Gaultier.
"


Ajoutons que la musique est une alternance d’extraits de Mahler et de musique électroacoustique. Ce mélange des genres ne choque pas du tout, et convient parfaitement aux changements d’atmosphère, de décors, de lumière (d’ailleurs, j’en profite pour dire que la mise en lumières est vraiment géniale).


A présent, je vais vous raconter un peu plus dans le détail ce que j’ai aimé, en suivant (plutôt devrais-je dire en tentant ) de suivre l’ordre narratif du ballet, qui suit celui du conte des frères Grimm.

Le ballet commence par la naissance de Blanche-Neige. Le plateau est vide, et la mère de Blanche-Neige, toute de noir vêtue, s’avance difficilement. On sent toute la douleur de l’enfantement à travers ce chemin difficile vers la vie (naissance de sa fille) et sa mort. J’ai vraiment retenu mon souffle pendant toute cette diagonale si lente, si pénible, dans la solitude (et si bien incarnée par la danseuse)

Puis le père prend sa fille dans ses bras, et le bébé devient petite fille puis jeune femme. Petit commentaire au passage sur le costume de Blanche-Neige. J’adore vraiment le jeu sur la transparence et le côté nu, mais par contre, je n’aime pas du tout le devant du costume qui, pardonnez-moi d’être si prosaïque, fait couche-culotte.

Je trouve que tout ce début de ballet s’inscrit dans la tradition des grands ballets classiques : le tout début assez sombre me fait penser à la transformation de la princesse en cygne par Rothbart dans Le Lac des Cygnes. Puis le « premier acte » me fait penser à beaucoup de ballets classiques : le corps de ballet qui danse ensemble au château, avec souvent les hommes qui enchaînent une série de sauts impressionnants, les filles qui dansent aussi de leur côté...



... et avec le danseur principal et/ou l’héroïne qui font leurs premiers pas.

C’est aussi là que le Prince et Blanche-Neige se rencontrent.
Au premier abord, le costume du prince en orange fluo avec bretelles est assez étonnant mais on s’y fait … D’ailleurs, je trouve cela intéressant de jouer à fond la carte du cliché « rose bonbon » des contes de fées et d’aller dans des couleurs en s'affirmant dans un côté excessif conte de fées !



Puis l’arrivée de la méchante belle-mère, sorcière de son état m’a directement rappelé l’arrivée de la Fée Carabosse avec ses rats dans La Belle au Bois Dormant. L’interprétation était vraiment superbe (la danseuse avait beaucoup de talent ! il est souvent difficile je trouve de donner corps et vie à ses personnages méchants, et d’aller au bout de toutes les intentions et tous les mouvements, de donner l’énergie nécessaire pour faire donner des frissons de peur au public !).



L’arrivée de la belle-mère s’ensuit d’ailleurs d’un changement de décor de l’apparition du fameux miroir magique.



Blanche-Neige en se promenant dans la forêt, va tomber sur des sortes d’esprits des bois (c’est ainsi que je l’interprète) et de nymphes, avec qui elle va danser.


Puis elle va aussi retrouver son prince. Et là, c’est le premier coup de foudre pour moi : ce pas de deux, comme les autres pas de deux entre le prince et Blanche-Neige sont extraordinaires. Pour moi (et mes amies d’ailleurs), le temps était suspendu pendant ces moments-là. Et pour moi, Preljocaj est un génie des portées, absolument sublimes.

 

 

Mais voilà, la sorcière est là à surveiller son miroir magique, et ce n’est plus est la plus belle … Alors elle demande à trois chasseurs de rapporter le cœur de Blanche-Neige…



J’ai beaucoup aimé le décor de la forêt (je n’ai malheureusement pas d’image) ainsi que la mise en lumière. On ressent vraiment bien l’atmosphère grâce à ces éléments. La scène des chasseurs et de Blanche-Neige est bien rendue : on sent la peur de Blanche-Neige, la manière dont elle est prise au piège. Encore une occasion de faire de magnifiques portés au passage … (désolée de me répéter, mais je n’ai pas fini de louer la beauté des portés de ce chorégraphe ! ). Les chasseurs ne peuvent pas aller au bout de leur geste et poignarder Blanche-Neige. Alors ils la laissent s’enfuir entre les arbres. Et survient la biche qui dont le cœur sera offert à la sorcière. Symbolique ou non, la biche, avant d’être tuée, suit la même diagonale que la mère de Blanche-Neige avant sa mort…



Mais la méchante sorcière le voit … Et elle décide d’empoisonner Blanche-Neige, prépare la fatale pomme et se déguise en vieille dame …

Pendant ce temps, Blanche-Neige a fui sans savoir où elle allait. Et rencontre les 7 nains. Ces derniers ont vraiment été très appréciés du public ! Suspendus à des fils, ils virevoltent comme des acrobates sur le mur de fond, décor de montage agrémenté de trous desquels ils entrent et sortent. Tout l'espace scénique est ainsi occupé. Quelle ingéniosité ! Et ça marche !
Ils trouvent alors Blanche-Neige endormie.



J’aime le passage où Blanche-Neige tente de s’intégrer à leur groupe, en entrant progressivement dans leur danse, d’abord en regardant, puis en tentant, en hésitant, en recommençant, puis en dansant à part entière avec eux.

Mais l’histoire suit son cours, et la méchante belle-mère retrouve Blanche-Neige. Elle tente de l’attendrir. L’innocente jeune femme aide alors la vieille. Celle-ci la convainc à prendre la pomme. Une fois que celle-ci accepte de la prendre et de la croquer, la sorcière se découvre. La scène est violente, on sent que la sorcière est en train de tuer Blanche-Neige.



Et Blanche-Neige est laissée là pour morte. Avant que les nains ne la trouvent, une forme noire descend du ciel… C’est la mère de Blanche-Neige. Moment magnifique et triste… Pendant tout ce passage, la danseuse qui incarne la mère reste suspendue. A un moment, elle prend sa fille dans ses bras, et la soulève lentement, avant de la reposer. C’est tellement beau : ce mélange du blanc et du noir de leurs costumes respectifs, ce mariage de la vie et de la mort, cette brève rencontre entre la mère et la fille…

Puis les nains retrouvent Blanche-Neige et la mettent dans son cercueil de verre. Plus précisément, ils la déposent sur une plaque transparente, symbolisant le cercueil. Le prince retrouve alors sa bien-aimée … Mais elle est morte. S’ensuit un pas de deux sublime pendant lequel le prince danse avec Blanche-Neige, dont le corps est complètement détendu, comme si elle était morte. Ce passage est très impressionnant. On ressent toute la douleur du prince. Et les portés sont vraiment très beaux.



Heureusement qu’il pense à l’embrasser ! Car Blanche-Neige peut alors revenir tout doucement à la vie...

Comme dans les grands ballets classiques, on revient alors à la cour du roi pour le mariage. Tout le monde est là pour célébrer le bonheur du couple.



Et le ballet s’achève, un peu comme le conte des frères Grimm, sur la méchante sorcière qui est punie et ici condamnée à danser (d’ailleurs cette danse m’a un peu fait penser par certains côtés au Boléro de Béjart).



Un peu moins de 2h de rêve...

 

Pour INFO : cet hiver (fin décembre 2009, début janvier 2010), le ballet est repris au Théâtre National de Chaillot (Paris)

Vous pouvez aussi trouver plein d'infos, photos et vidéos sur le site du Ballet Preljocaj cité plus haut.

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