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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 12:58
Grâce à ma chère Claire qui m'a prêté le DVD, j'ai pu voir le film "New York, New York" (1977) avec Liza Minnelli et Robert De Niro.


Ce film, c'est l'histoire de Jimmy et Francine, de leur relation, de leur amour pour la musique, et de l'influence de cette passion dans leur vie. L'amour pour la musique est-il plus fort et exigeant que l'amour pour l'autre ?

...


Au soir de la victoire de la Seconde Guerre Mondiale, New York est en fête... C'est là qu'on rencontre Jimmy Doyle (Robert De Niro), qui essaie désespérement de se trouver une cavalière...




Et on peut dire qu'il n'est pas très subtil... Il est même vraiment insistant et insupportable !!!




La pauvre Francine Evans (Liza Minnelli) a bien dû mal à s'en débarasser, de cet homme qu'elle ne connaît pas, et qui se fait si pressant ! Francine nous apparait comme une jeune femme assez seule, mais souriante, sympathique




Apparemment tout le contraire de Jimmy !


A la suite de cette soirée, Jimmy rentre seul et croise un couple, dansant dehors. J'ai beaucoup aimé ce passage, un peu intemporel, qui m'a fait penser aux grandes comédies musicales




Alors qu'on pourrait se dire que ces deux là ne sont pas près de se revoir, le hasard et le destin en décident autrement ! Et peu de temps après, coincée par Jimmy, Francine doit entrer dans son jeu pour lui sauver la mise ! Car Jimmy a la fâcheuse tendance à s'installer dans des hôtels de luxe sans en avoir les moyens !




Et en plus, il est pressé, il a une audition. Alors, il monte dans le taxi avec Francine, sans qu'elle ait trop le choix (eh oui, quand je vous disais qu'il était vraiment insupportable !)... Et il en profite pour continuer son travail de séduction, toujours en subtilité comme cette image le prouve !




En effet, Jimmy Doyle est saxophoniste, et à la recherche d'un travail. Le producteur n'est pas convaincu, ce n'est pas le genre de musique qu'il recherche. Et alors là se produit quelque chose d'étonnant : Francine se met à chanter...




... elle a une voix incroyable. Et soudain, on voit Jimmy et Francine s'accorder pour la première fois.


C'est leur vraie rencontre, à mes yeux. Celle que leur offre la musique. A partir de là, ils vont s'aimer ...




... Francine va quitter New York pour son métier, laissant à son agent le soin de prévenir Jimmy...




Mais Jimmy décide de la retrouver, coûte que coûte (si vous observez bien la photo suivante, vous le verrez accroché au train en marche, se faisant traîner !)



Francine est en tournée, elle est chanteuse dans un groupe, et son talent de chanteuse est le coeur de ce groupe de musiciens.


Leur couple va alors à nouveau se former, sur le plan personnel comme professionnel.



Je ne vais pas tout vous dévoiler, mais tout au long du film, on les voit s'aimer, se déchirer, douter, se réconcilier, se marier (la demande en mariage est assez exceptionnelle !), travailler  ensemble...




Et même si sur scène, l'alliance de ces deux talents remporte un franc succès ...




... au niveau du travail, les désaccords sont nombreux, et on voit Jimmy excessif, susceptible, désagréable.



Dans leur couple aussi, il y a énormément de tensions...



... de doutes...




On sent la jalousie poindre chez Jimmy, lorsque le talent de Francine lui permet de décrocher des contrats, et d'approcher le succès et la gloire... On sent aussi le ressentiment lorsque la vie de son couple le freine en tant qu'artiste.






C'est un film qui m'a plu, malgré quelques longueurs. Le personnage de Jimmy Doyle m'a exaspérée : je l'ai trouvé insupportable, colérique, excessif, égoïste, roi du chantage affectif.




Face à lui, la douce Francine Evans m'a touchée par sa voix superbe et si particulière, et par son évolution. Car n'oublions pas que c'est dans la scène de fin que se trouve la fameuse chanson "New York New York". Dans les deux chansons de la fin du film, on voit Liza Minnelli s'épanouir, incarner les chansons magnifiquement.




Rien que pour ça, ce film est à voir !!!


Mais ce qui m'a aussi beaucoup plu, ce sont les couleurs et les lumières de ce film (vous en avez un aperçu dans les photos que j'ai mises), très stylisées.


Je trouve que c'est un film assez difficile à décrire ... Car ce n'est pas juste une histoire d'amour compliquée, ce n'est pas juste une réflexion sur le métier d'artiste, ce n'est pas juste une vision de New York... C'est une fresque à la Scorsese !!!


Pour le plaisir, voici quelques affiches d'époque de ce film :


  


J'aimerais beaucoup avoir votre avis !

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 21:46
Taggée par Cachou, je m'exécute avec plaisir et réponds ici à mon premier tag intitulé "Si c'était possible, bah alors..."

1) Si on vous proposait d'écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n'a pas un don pour la littérature)

Je choisirais Madame de la Fayette, pour son style sublime.



2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d'un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaine de pages... Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu'il s'appelle... Daniel Craig. Il a l'air chagrin. Il a une petite douleur à l'épaule, et est persuadé qu'un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ?

Pffffffff... Mais moi aussi j'ai mal partout à lire depuis si longtemps ! Je n'ai vraiment aucune envie de faire un massage dans un moment pareil ! Ne peut-il pas se rendre compte que ce n'est pas le bon moment ? Non mais vraiment ! Si c'était un vrai gentleman, il me proposerait alors de me faire un massage, pendant que je pourrais déguster les dernières pages de mon livre...


3) C'est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l'humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)

Je choisirai l'Encyclopédie Britannica (comment ça, la capsule est trop petite ?!). Parce que je ne pourrais vraiment pas choisir "Orgueil et Préjugés" et laisser "Jane Eyre", et en choisissant "Jane Eyre", abandonner Shakespeare, et même Homère ! Ce genre de choix est terrible, alors avec une encyclopédie, on a un aperçu de la culture de l'humanité, de sa richesse et de sa diversité, ce qui est à mes yeux le plus important !


4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?


Au calme, loin des bruits de la ville, avec la lumière de l'aube ou du crépuscule (qui ont des luminosités splendides), avec bien évidemment un bon livre, dans un fauteuil bien confortable, et un chocolat chaud velouté à portée de main...


5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?

Euh... Pourquoi ferai-je une telle chose ? Même les personnages les plus terribles, détestables, ennuyeux ont, dans les bons livres, raison d'être... C'est leur présence, leur intervention qui amène le héros à se surpasser, qui amène les personnages à se réunir, à agir et réagir... Sans Sauron, point de Communauté de l'Anneau. Sans Wickham, comment Darcy se rapprocherait-il des Bennet ?



6) Sauveriez-vous Voldemort, rien que pour avoir un 8e tome ?

Certainement pas ! Pour qu'il continue à tuer, massacrer et torturer les personnages que j'aime ? Il a déjà fait assez de misères dans 7 tomes. 7 est un bon chiffre !



7) Jusqu'où êtes-vous allé pour un livre ?


A faire passer mes lectures en priorité sur tout le reste !!! Lire toute la nuit, toute la journée sans sortir quand je suis dans un bouquin qui m'attrape et ne veut pas me laisser partir, me faire envoyer un livre de l'étranger, casser ma tirelire et faire des économies pour m'offrir de beaux ouvreages d'art...



8) Si vous pouviez retourner dans le passer rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos premières paroles (en dehors de Bonjour...) ?

Choisir un auteur... Un seul ? C'est trop duuuuuuuur !!!
...
Disons Charlotte Brontë, car "Jane Eyre" est mon roman préféré.
Et s'il y a quelque chose où je suis vraiment très, très mauvaise, c'est engager la conversation. Je ne saurais quoi dire ! Surtout que je serais très impressionnée j'imagine. Je lui dirais probablement : "Raconte moi une histoire..."


9) Decrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves


Ah... Une pièce remplie de bibliothèques en bois qui sentent bon la cire, pleines de livres du sol au plafond, dont de vieux ouvrages. Une cheminée dans laquelle crépite un feu de bois, près duquel se trouve un fauteuil. Ainsi installée, je pourrais profiter des lueurs du feu, de l'odeur qui s'en dégage, et du bruit des branches qui crépitent... Il me faudrait aussi des fenêtres pour profiter des lumières changeantes de la journée. Un petit bureau serait aussi le bienvenu, en bois foncé, comme la bibliothèque, qui me permettrait de prendre des notes, de travailler, de poser là les livres que je sélectionne... La bibliothèque de mes rêves, c'est un endroit où je pourrais me réfugier, où je serais bien.


10) Vous retournez dans le passé, en pleine Seconde Guerre Mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu'il arrête de cramer des bouquins ?

La première idée qui m'est venue est un livre tel que 1984 (même si je crois qu'il a été publié après 1945). Mais je doute que ce livre lui parle... J'essaierai de tester sur lui des livres qui pourraient l'amuser, le toucher, lui donner le plaisir de la lecture, qui le transforment en défenseur des livres... Alors je lui mettrai dans les mains Jane Austen !


A mon tour, je tague Emjy et Pando !


Les images sont extraites du film Harry Potter et la chambre des secrets.

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 18:02
Je suis allée voir le film documentaire "La danse, le ballet de l'Opéra de Paris" de Frederick Wiseman au cinéma. Et j'ai un mal fou à écrire un billet à ce sujet. Car c'est un thème que j'adore. Et j'ai une impression amère d'énorme gâchis...

Attention, billet très très subjectif de ma part. Je vous livre ici mes impressions, ce que j'ai ressenti...




Objectivement, de quoi s'agit-il ?

Pendant 7 semaines, Frédérick Wiseman a filmé la vie de l'Opéra de Paris, du balayeur aux danseurs, des poissons du lac souterrain aux abeilles des toits, de l'administration aux vendeurs de programme.

C'est donc un documentaire qui nous est donné à voir, avec comme choix de laisser parler les images pour elles-mêmes, sans texte, sans sous titre, sans aucune intervention extérieure (donc pas de voix off), ni interview ni regard caméra.

Où l'on passe dans le subjectif du billet...

Sur le principe, je conçois intellectuellement les choix qui sont faits. Ce que je préfère, c'est regarder les
danseurs travailler, sans qu'on nous explique ce qu'ils font.

Par exemple ici, le corps de ballet en pleine répétition


C'est de voir comment fonctionne cette maison, à tous les niveaux.



Mais le problème, c'est qu'on a aucune information. Par exemple, pouf, on tombe sur une répétition. On voit un chorégraphe et des danseurs en plein travail, mais on ne sait pas sur quoi ils travaillent, ni qui ils sont. Alors on essaie de deviner, et on passe à côté de beaucoup de choses. Par exemple, à un moment, j'ai compris qu'un des ballets qui était travaillé était sur le thème de Médée.

Le Songe de Médée, chorégraphie d'A. Prejlocaj

Mais si dès les premières images, le réalisateur s'était débrouillé pour mentionner Médée (par une image, ou le nom mentionné par les danseurs), on peut beaucoup mieux comprendre et apprécier le travail du corps, le travail sur l'expression, sur le jeu, l'incarnation d'un personnage.

Le Songe de Médée

Alors que là, on regarde sans rien comprendre... Certes, il y a des moments où il est agréable de se laisser porter par des images, mais parfois, un minimum d'infos aident à comprendre et à mieux apprécier et admirer...

Par exemple, j'ai adoré le travail du chorégraphe Wayne McGregor, Genus. Enfin, il a fallu que j'attende la fin pour savoir de qui et de quoi il s'agissait... Et je dois avouer que c'était très frustrant pendant le film de me demander s'il s'agissait d'un chorégraphe que j'avais déjà vu, etc


C'est très impressionnant, et superbe... Quels danseurs extraordinaires...



Imaginez quelqu'un qui ne connaît rien à l'Opéra de Paris. Ils voient Brigitte Lefèvre parler. S'ils ne savent pas qui est là (à savoir la directrice du Ballet de l'Opéra de Paris), difficile de comprendre ce que vient faire là cette femme au téléphone. Alors, certes, au bout d'un moment, on comprend, on devine...

Je me suis rendue compte que c'était lorsque je reconnaissais le chorégraphe et le ballet, que j'appréciais pleinement les images, le travail présenté.

Roméo et Juliette, chorégraphie de Sasha Waltz

Là où Nils Tavernier (voir billet précédent "Tout près des étoiles") avait réussi à mélanger poésie, images qui parlent pour elles-mêmes et dimension pédagogique (grâce à son documentaire, j'ai découvert des chorégraphes que je ne connaissais pas), ici une impression de froid se dégage de ce film. J'ai eu une impression de sans queue ni tête, au sens où le fim aurait duré 10 minutes, 1 heure ou 6 heures, il n'y aurait eu aucune différence. On est face à une accumulation d'images qui se succèdent au hasard. Quiconque aurait pu arriver en milieu de séance n'aurait "rien" perdu ... En effet, ce film n'a pas de début, pas de fin. J'ai eu l'impression que le montage avait été fait au hasard le plus complet.

D'ailleurs, et bien tristement, des personnes sont sorties avant la fin du film, très probablement d'ennui. Pourtant c'est dommage, car la danse est toujours aussi belle. J'ai beaucoup d'amertume à penser que le travail du Ballet de l'Opéra de Paris (et je ne parle pas que des danseurs) n'a pas été mieux mis en valeurs, et que ce film ne soit pas plus accessible... Le montage complètement erratique du documentaire m'a vraiment ennuyée d'ailleurs.



Car ce sont les initiés qui pourront profiter à fond du film, ceux qui connaissent les chorégraphes, les ballets.

Mais tout de même, ça fait du bien de voir les danseurs de l'Opéra de Paris

Car oui, le sujet, je l'adore. Et j'avais fondé beaucoup d'espoirs sur ce film, qui aurait pu faire découvrir la danse et la vie du Ballet de l'Opéra de Paris...
Et oui, c'est toujours un plaisir immense de voir travailler ces danseurs, de voir l'envers du décor...

Car le travail est dur, très dur, mais voir les progressions, et le résultat est fascinant

Casse-Noisette

Conclusion : allez plutôt à l'Opéra !!!





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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 17:23
En me promenant l'autre jour chez Pando, j'ai vu qu'elle parlait d'un challenge "English Classics". Ceux qui me connaissent déjà savent à quel point j'aime la littérature anglaise, qu'il s'agisse de Charlotte Brontë, Anne Brontë, Jane Austen, Arthur Conan Doyle, William Shakespeare, Elisabeth Gaskell et j'en passe !

Alors je suis allée enquêter ...

Le challenge "English Classics" a été lancé par Karine sur son blog Mon coin lecture.


De quoi s'agit-il ?
Lire (au minimum) deux romans classiques anglais (ou irlandais), écrits avant 1900. Le challenge s'achèvera le 31 décembre 2010 (oui, oui, 2010).

Ayant trouvé l'idée géniale (puisque ça doit être mon type de littérature préféré !!!) je m'y suis inscrite !

Bonne lecture !

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Published by Artemis - dans Lire - lire - lire
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 20:09
Il s'agit du premier tome de la trilogie "Terre Noire" de Michel Honaker, "Les exilés du tsar".
Ce roman m'a été chaudement recommandé par Emjy et Violette (qui me l'ont en fait mis dans les mains ! et je les en remercie beaucoup !). Et j'ai adoré ce premier tome.


C'est l'histoire d'une famille russe, les Danilov, et plus particulièrement de Stepan Tchakarov, le fils adopté.
On est en 1887, à Saint Pétersbourg. Stepan Tchakarov est un compositeur doué, très doué même, qui donne son premier ballet au prestigieux théâtre Marinski, en présence même du tsar. Si ce tsar ne paraît pas intéressé plus que cela envers l'artiste, son fils est touché par la musique de Stepan.
Une autre admiratrice de Stepan est sa soeur par adoption (même s'il n'est pas complètement adopté), Natalia, l'héroïne de cette histoire. Elle représente sa mère lors de cette représentation, alors que cette dernière est très malade, et ne peut plus soutenir ce fils qu'elle aime tant.
Car il a besoin d'être défendu contre les loups qui crient à la porte. Son talent et son intégrité, l'amour que lui porte sa mère adoptive suscitent nombre de jalousies et de ressentiments. Comme loups, j'ai nommé le fils aîné des Danilov, Valadia, ainsi que le mari de l'autre fille prénommée Olga (donc soeur de Valadia et Natalia), Kusak. Ces deux personnages sont infects, détestables, jaloux, préoccupés par l'argent et dans le cas de Kusak par le pouvoir et le rang social. Ils n'ont cesse de vouloir évincer le talentueux Stepan de leur vie et de leur famille, par tous les moyens possibles. Face à eux, Natalia a peu de poids, même si elle a la volonté de défendre Stepan, à qui elle est très attachée depuis l'enfance.

Mais qu'est ce que Terre Noire ?
Le titre vient d'un domaine, Terre Noire, qui a été donné par la baronne, sa mère d'adoption. Cette terre à laquelle Stepan est attachée, le seul endroit où il se sent bien, chez lui :


"Pour prétentieux que cela puisse paraître, j'aime dire : mon domaine. Ces terres sont miennes, en effet, mais plus encore, elles sont ma chair et mon sang."  (chapitre 5)

"A travers la fenêtre crasseuse, j'aperçois les bouleaux parés de frimas qui émergent du brouillard tels des mâts de navires en perdition. L'aube frileuse répand une clarté glauque sur cet infini de neige. Ma chère Russie. Tout mon être se refuse à t'abandonner. Je suis fait de ta terre noire et mon âme y puise sa force. Que deviendrais-je si j'en étais privé ? Un autre, sans doute, et cet autre-là me fait peur... " (chapitre 13)

Le style est aussi superbe : on est vraiment plongé dans la Russie de cette fin du XIXe siècle. On se croirait vraiment dans un roman russe. Tout y est : l'attachement à la terre, au domaine, la grandeur du pays, la culture, l'honneur qui faut protéger, la vengeance, les sentiments exacerbés, l'impression de situations auxquelles on ne peut pas échapper...

C'est sur cette soif de vengeance que s'achève le premier tome...

Et c'est avec une soif de lire la suite que j'ai fermé ce livre !
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Published by Artemis - dans Livres jeunesse
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 11:46
Troupe de seulement 3 comédiens et 1 comédienne, c'est avec une belle énergie et envie de jouer que cette histoire de Buchan rendue célèbre par le film de Hitchcock est transposée sur scène. Les comédiens virevoltent et jonglent entre les rôles avec beaucoup d'humour et de virtuosité, de clins d'oeil et d'autodérision.


Mais de quoi ça parle ?

Un instant, je vais vous planter le décor... Imaginez que vous venez de vous asseoir dans ce théâtre. Sur le rideau de scène encore fermé, des réclames du début du XXe siècle commencent à vous plonger dans l'ambiance. La lumière baisse, le silence se fait, le rideau s'ouvre.
Un homme assiste à un spectacle. Après un numéro de cabaret, place à un numéro où l'artiste, à la mémoire phénoménale, peut répondre à n'importe quelle question du public. Dans la loge en face du spectateur, une femme, à l'accent allemand.
Quelques instants plus tard, les deux spectateurs font connaissance. La femme est angoissée, sait qu'elle est suivie (ah... le coup du réverbère dans la mise en scène est absolument hilarant !!!). Elle révèle au héros (puisque c'est de lui qu'il s'agit, sorte de fil rouge que l'on va suivre tout au long de la pièce) qu'un complot se trame, un danger pour la sécurité du pays, semble-t-il, impliquant de très mystérieuses "39 marches". Mais de quoi s'agit-il donc ? Ce n'est pas tout de suite que nous aurons la réponse, puisque cette jeune femme est assassinée quasiment dans les bras de notre héros, qui doit alors fuir pour ne pas être accusé de meurtre...

Plus que l'histoire, c'est la mise en scène, l'humour et l'énergie de ces quatre comédiens qui m'ont énormément plu. On traverse l'Angleterre et l'Ecosse, on prend le train, la voiture, on passe d'un appartement cosi à une ferme au plein coeur des Highlands, on croise même le monstre du Loch Ness, on assiste à une poursuite en avion, on arrive dans un hôtel, on court... Les comédiens changent de voix, de costume, de personnage en des temps records.

Ca n'arrête pas ! C'est complètement fou ! C'est génial !!!

Au Théâtre de la Bruyère (Paris)
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 13:26

Magnifique ouvrage, ce journal intime du garçon plus connu sous le nom de Peter Pan est un enchantement...


C'est l'histoire de Peter, un orphelin, qui se retrouve dans un orphelinat avec d'autres enfants "perdus". Il est amnésique, ne se souvient de rien concernant son passé ou sa famille. Une des religieuses de l'orphelinat lui donne un carnet, l'incitant à tenir un journal, dans l'espoir que des souvenirs lui reviennent ...

(extraits du livre, que l'on peut voir sur le site de Milan Jeunesse)






Malheureusement, ce carnet ne l'aide pas à retrouver sa mémoire... Alors, à l'insu des surveillantes et avec la complicité de ses camarades, aussi orphelins, ces "enfants perdus", ils partent enquêter dans Londres.



C'est là que Peter va croiser un homme répugnant, si sale que les mouches le suivent partout où il va. Peter le nomme "monsieur Mouche". Et ce monsieur Mouche travaille pour un terrifiant capitaine, armé d'un crochet...

Je ne vous en dévoilerai pas plus, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte. Car cette relecture de Peter Pan vaut le détour.

Mais ce qui m'a fait craquer pour cet ouvrage au premier abord, ce sont les illustrations, la beauté de cet ouvrage "interactif" : il y a des lettres à ouvrir, le contenu d'enveloppes à explorer, des supports variés, un coup de crayon magnifique.

Un livre à offrir et à s'offrir !
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Published by Artemis - dans Livres jeunesse
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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 21:48
Je voudrais vous parler aujourd'hui d'un film documentaire que j'adore : Tout près des étoiles, de Nils Tavernier. J'avais à l'origine écrit cet article pour un forum que j'adore (l'Inn at Lambton),  mais j'avais envie que ce film ait sa place sur mon blog



Ce film de 2001 (disponible en DVD mk2) est une véritable immersion dans la vie et le quotidien des danseuses et danseurs de l'Opéra de Paris.


Ce film passionnant tourné en 1999 (c'est amusant de voir des danseurs étoiles ou premiers danseurs actuels qui n'étaient alors qu'élèves ou jeunes danseurs ) nous emmène derrière le rideau et sur scène, nous montre comment cette "maison" fonctionne : des tournées à l'étranger aux répétitions en salle, des répétitions sur scènes aux spectacles, de l'école de danse de l'Opéra de Paris aux adieux à la scène, en passant par des images magnifiques des opéras Bastille mais surtout Garnier.


On y découvre la flamme qui anime ces artistes pour qui le rythme de vie et le quotidien sont dictés par leur métier (et passion).


Pas besoin de connaître la danse pour apprécier ce documentaire, il suffit de se laisser porter ... 


Ce film est un bijou que je reconseille à tous, que vous soyiez ou non amateur de ballet.



Un peu plus en détails ...




Voici ce que dit un danseur :


"La scène, c'est une drogue. Pourtant, à chaque fois je suis mort de trouille, ça remet tout en question [...]. Je ne suis jamais content de ce que j'ai fait, mais j'ai quand meme envie d'y retourner."




Qu'est ce que le ballet de l’Opéra de Paris ?


L'Opéra de Paris, c'est 150 représentations par an pour la danse, plus des tournées. Dans les compagnies dites de répertoire, l'Opéra de Paris est la seule maison à proposer autant de choses. Des classiques, mais aussi des ballets modernes et contemporains, et des chorégraphes créant pour le ballet. Ainsi, les danseurs ont travaillé entre autres avec Béjart, Pina Bausch, Forsythe, Kylian, etc.


Des danseurs et des ballets


Pourquoi choisir ce métier ? L’étoile Laurent Hilaire explique que petit, il ne savait pas parler et que la danse était pour lui un moyen d’expression formidable. Il y a aussi une dimension physique, un coté challenge dans la danse qui l’attire. Et puis adulte, le coté artistique, vivant est ce qui l’intéresse :


"Etre vivant en scène. Vivre des choses à fond"




Pour Marie-Agnès Gillot, la danse est aussi plus qu’un métier :


"J’aime la danse … Mais en fait je le vis. Le verbe aimer est trop faible. […] C’est plus fort qu’aimer.
[…]
Vivre quelque chose tellement à fond que la vie quotidienne serait moins importante"




Pour quelqu’un de l’extérieur, la danse a une image de métier exigeant, demandant des sacrifices. Pour les danseurs, ils sont « conditionnés depuis l’age de 9 ans ». D’ailleurs, une danseuse ajoute :


"Je n’ai pas l’impression d’un sacrifice, car ce dont je me prive d’un coté, c’est pour avoir un plaisir et un bonheur immense de l’autre, donc ce n’est pas un sacrifice"

Dans ce documentaire, on demande aussi à l’étoile Aurélie Dupont de donner sa définition de la passion. Elle répond du tac au tac :


"Un besoin, un besoin énorme d’existence"




Elle explique qu’elle est plutot de nature réservée. Mais qu’elle ose faire des choses en scène qu’elle ne ferait jamais dans la vie.


Une autre danseuse décrit la sensation de liberté qu’elle ressent lorsqu’elle entre en scène.


Si pour Aurélie Dupont et d’autres, la danse est un métier très solitaire (notamment de par la rivalité permanente et le système qui ne marche que sur la compétition dès l’école de danse où seuls les meilleurs passent dans la classe supérieure), pour Patrice Bart, «
il n’y a pas de solitude du danseur ; c’est un métier d’équipe ».

Tout au long de ce documentaire, on voit tout le corps de ballet vivre au rythme de la danse.


Et tout commence par l’échauffement, la barre, tous les matins.



Suite à une question que l’on n’entend pas, Aurélie Dupont nous confie qu’à son avis, un danseur qui aime son corps, qui s’aime physiquement, ça ne peut pas expliquer, car constamment le danseur voit ses défauts, et cherche à les corriger, et toujours retravaille son corps, ses postures, etc.


Pour exemple, image d’une danseuse à l’échauffement :




Le documentaire nous permet aussi de voir les danseurs en répétition des ballets.


Ainsi la préparation d’un ballet de Kylian :




Du Lac des Cygnes, avec la répétition du corps de ballet …




Le travail des solistes …



Et les répétitions en scène et en costumes …






Le documentaire évoque également l'école de l'Opéra de Paris, à Nanterre, qui accueille chaque année 150 élèves de 8 à 18 ans.


Une ancienne étoile de l'Opéra de Paris, qui continue à travailler pour cette maison, nous dit : "C'est un petit peu une machine à broyer les faibles". A l'école, ils doivent apprendre la résistance, le controle sur soi, et en meme temps, pouvoir donner le maximum.



Elève et professeur ...





On a aussi le plaisir de voir le grand Maurice Béjart travailler sa neuvième symphonie avec le ballet de l’Opéra de Paris.






Lorsqu’on lui demande de nous raconter le ballet, il nous dit qu’un ballet, ça ne se raconte pas ! Vous raconteriez un tableau, vous ? dit-il.

La 9e symphonie, ce n’est pas un ballet, c’est une manif’.






Un magnifique hommage à la danse et au ballet de l'Opéra de Paris. A voir et à revoir !
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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 18:56
Un roman pour enfants rempli d'espoir, d'optimisme et d'envie de vivre


Ne vous fiez pas au titre, ce n'est ni un roman épistolaire, ni un roman à l'eau de rose ! C'est l'histoire de... (4e de couverture)

Ernest a dix ans. Dix ans de vide : sa mère est morte le jour de sa naissance et son père a disparu. Dix ans d'ennui : sa vie avec sa grand-mère, prénommée Préciseuse, n'a rien de très exaltant : école, goûter, devoirs, soupe. Pas de téléphone, pas de télévision.  Seule distraction : une mystérieuse lettre que le grand-père d'Ernest avait envoyée du front pendant la guerre, une lettre indéchiffrable.
Ernest est bon élève, solitaire et taciturne, pour ne pas dire muet. Jusqu'au jour où Victoire de Montardent arrive dans sa classe et jette son dévolu sur lui. Car Ernest est beau, ce que les autres filles de la classe avaient déjà remarqué...


A côté d'Ernest, cet enfant modèle dont la vie est bien terne, Victoire est le personnage le plus attachant de cette histoire ! C'est une véritable tornade, pleine d'énergie et de bonne humeur. Elle va prendre en main Ernest, et lui faire découvrir la vie d'un enfant de son âge. Avec elle, il va aller pour la première fois dans un supermarché, prendre pour la première fois un ascenceur, ou manger son premier croissant :

"Victoire posa avec fougue un sac de croissants, brioches et pains au chocolat sur la table : "Papa a dévalisé la boulangerie ce matin. On en avait trop. J'en ai chipé quelqu'uns et j'ai décidé de venir les manger chez vous avant d'aller à l'école avec Ernest." Totalement inconsciente de l'effet qu'elle faisait, Victoire poursuivit : "Comment allez-vous ? Avez-vous fait de beaux rêves ? Moi, j'ai rêvé de toi, Ernest. On était grands, amoureux et on allait se marier. Je n'en sais pas plus. Jérémie [un bébé] s'est réveillé en hurlant. Je pense qu'il rêvait de toi aussi."
[...]
Germaine et Précieuse étaient stupéfaites et comme gelées sur leurs sièges. Ernest, qui, lui, tentait d'être bien élevé, prit un croissant dans le sac tendu, l'inspecta comme s'il avait été produit par des extraterrestres, puis, sans regarder les deux gardiennes de sa bonne nutrition, par politesse, il enfonça courageusement l'objet doré et crousillant dans sa bouche, s'attendant à mourir sur-le-champ."


Victoire est la seule fille d'une famille nombreuse : elle est née après 12 garçons, car ses parents voulaient tant une fille, qu'ils ont essayé 13 fois, comme elle le dit elle-même. Et après elle, ils ont retenté d'avoir une autre fille, qui a abouti à Jérémie, le 13e garçon de la famille, et 14e enfant ! Cette famille est attachante, marrante, forte.

D'autres passages sont particulièrement émouvants. Je voudrais d'ailleurs partager avec vous ces quelques lignes, mettant en scène Ernest et sa grand-mère, au chapitre 7 :

"Ils prirent en silence un déjeuner qui ne méritait pas un commentaire. Rien ne vint ébranler les murs qui cachaient cette vie qui n'en était pas une. Les mots n'avaient pas de nageoires au fond de la mer noire des pensées perdues."


En conclusion, un petit roman bien chouette, avec une belle évolution du personnage principal et son éveil à la vie !

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 22:04

Je viens de dévorer L’affaire Lady Alistair, le tome 2 des enquêtes d’Enola Holmes, de Nancy Springer.

 

Holmes ? Comme Sherlock Holmes ?


Tout à fait, mon cher Watson ! Enola Holmes, dans cette excellente série prenant ses racines dans les romans d’Arthur Conan Doyle, est la petite sœur, âgée de 14 ans, de Sherlock.


Dans le premier tome, on découvre cette jeune fille, qui a vécu seule avec sa mère à la campagne (elle ne connaît alors ses frères que de réputation).

Au début du premier tome, sa mère disparaît, son frère Mycroft veut l’envoyer en pension pour en faire une jeune fille de bonne éducation, elle qui préfère grimper aux arbres et a en horreur le port du corset… Elle va donc fuir, à la recherche de sa mère. C’est le début de ses aventures, mais aussi de ses enquêtes.

 

Dans ce roman (je conseille de les lire dans l’ordre), on retrouve Enola au cœur de Londres.

 


Laissons la parole à Enola (4e de couverture)

A l’image de mon détective de frère, je décidai alors d’ouvrir à Londres, au nez et à la barbe de mes frères, un cabinet de « Spécialiste en recherches – Toutes disparitions ». Le Dr Leslie T. Ragostin allait être mon patron imaginaire, celui que je m’étais inventé pour exercer ma nouvelle profession en toute discrétion.

Et c’est avec un petit choc qu’un matin, en ce mois de janvier 1889, je déchiffrai la carte de visite de mon premier client, glissée sous mon nez par le réceptionniste : « Dr John Watson, Docteur en médecine ».

 

Pourquoi j’ai aimé ?

Tout d’abord, je trouve l’écriture vraiment délicieuse. Mais surtout, les personnages, leurs sentiments et leurs relations sont très bien rendus. On croise brièvement ce cher Sherlock (pour lequel j’ai eu un coup de foudre cette année). Tout en respectant le personnage si brillamment créé par Conan Doyle, Nancy Springer sait le faire vivre à son tour sous sa plume avec talent. Et puis il y a Enola, l’héroïne. En anglais, « enola » est le mot « alone » à l’envers, et seule, Enola l’est. C’est avec sa volonté d’être indépendante et d’être utile qu’on suit cette jeune fille dans le dédale des bas-fonds du Londres de la fin du XIXe siècle, dans ses moments de découragement et de doute et dans ses moments de force. Car Enola est bien la digne sœur de son frère. Sans transposer bêtement les caractéristiques de Sherlock sur un personnage jeunesse, l’auteur réussit brillamment à créer des ressemblances familiales ! Et aussi une touchante histoire de famille : on sent le déchirement d’Enola entre son envie d’aller vers ce frère qu’elle admire et sa peur de prendre sa liberté.


Voici un extrait du chapitre 2

C’était bien moins le froid qui me faisait frémir que le sentiment d’être prise au piège, prise entre deux feux. A cause de mon aîné Sherlock.

Il faut savoir que cet aîné-là, je l’adorais comme un dieu. Sherlock était mon héros. Mon grand rival. Je n’étais pas loin de l’aduler. Mais s’il parvenait à me retrouver, c’en était fait de ma liberté. Adieu, mon indépendance !

D’un autre côté… ma disparition le mettait en détresse ? Je ne pouvais plus me raconter que je n’avais blessé que sa fierté.

Mais que faire, nom d’une pipe en bois ? Lui glisser le moindre indice que j’étais en vie et en bonne santé, c’était lui fournir le fil qui lui permettrait à coup sûr de remonter jusqu’à moi.

Et Mère entrait en ligne de compte, aussi. Combien d’années lui restait-il pour savourer sa liberté à elle, loin des carcans de la bienséance et de la « place de la femme dans la société » ? Les hommes étaient-ils dont les seuls à avoir droit à leur fierté ?

 

C’est touchant, amusant, intéressant, prenant.

C’est avec énormément de plaisir que j’irais de nouveau à la rencontre de cette héroïne dans les tomes suivants.

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