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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 14:16
Ce film de Cocteau de 1950 est une lecture du mythe antique d'Orphée et d'Eurydice.



A mes yeux, ce film est une véritable oeuvre d'art...

...du générique ...



... à l'image de fin.




Ce film n'est pas racontable; il faut le voir, le regarder, se laisser porter et emporter par lui, accepter le voyage qu'il nous propose.

Cependant, il me tient à coeur de vous présenter cette oeuvre magnifique.


Tout commence par une voix parlant sur cette image


"On connaît la légende d'Orphée. Dans la mythologie grecque, Orphée était le chantre de Thrace. Il charmait même les bêtes. Ses chants le distrayaient de sa femme, Eurydice. La mort la lui enleva. Il descendit aux Enfers, les charma, et obtint de revenir avec elle, sous condition de ne jamais la regarder. Mais il la regarda et fut déchiré par les Bacchantes. Où se passe notre histoire ? Et à quelle époque ? C'est le privilège des légendes d'être sans âge..., comme il vous plaira. "



Orphée, c'est Jean Marais qui lui donne vie.


Bel homme, poète de profession, marié à Eurydice, il m'apparaît comme assez égoïste, se faisant passer avant tout. Ses oeuvres ont du succès, il est reconnu. D'ailleurs, cela provoque des tensions dans le village près duquel il vit.


Sa femme, Eurydice, apparait sous les traits de Marie Déa.


Elle est aimante, aimable, attentive aux autres. Je l'ai trouvé attachante.


L'équilibre de ce couple est cependant très vite remis en cause par la rencontre d'Orphée avec une femme très msytérieuse (Maria Casarès, majestueuse), la Princesse la surnomme-t-on.



La première fois qu'Orphée pose les yeux sur elle, il est attablé à un café. L'homme avec lequel il parle lui indique que cette inconnue commandite une revue littéraire. Orphée feuillette alors l'exemplaire de cette revue ...



" ORPHEE : Je ne vois que des pages blanches.
L'HOMME : Cela s'appelle "Nudisme" [c'est le titre de la revue]
ORPHEE : Mais c'est ridicule
L'HOMME : Moins ridicule que si ces pages étaient couvertes de textes ridicules. Aucun excès n'est ridicule... Orphée, votre plus grand défaut est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.
ORPHEE : Le public m'aime.
L'HOMME : Il est bien le seul.
"

C'est alors que Jacques Cégeste, jeune poète de 18 ans, qui était accompagné par cette inconnue, se fait renverser par deux motards qui prennent la fuite. Il est mort.


Cette image, où l'on voit ce corps, tête ballante, être transporté, est très forte, marquante, et rend mal à l'aise.

Le pensant blessé, la mystérieuse inconnue le prend dans sa voiture avec chauffeur. Je ne vous ai pas encore présenté le chauffeur de la princesse ! C'est Heurtebise (François Perier).


Un personnage que j'ai trouvé très attachant. J'ai beaucoup aimé la gentillesse dont il fait preuve. Il est très sympathique. D'ailleurs, la scène de rencontre entre Heurtebise et Eurydice est magnifique.


Heurtebise ramène Orphée chez lui.
(J'adore cette image où Cocteau fait de la statue un personnage pour le spectateur, même si Orphée et Heurtebise n'ont pas un regard pour elle. Dans tout ce film, les effets, les lumières et les plans sont ingénieux, poétiques, fascinants...)



Dans la voiture d'Heurtebise, Orphée tombe sur une radio qui le fascine. Et il semble que cette fréquence, il ne puisse la trouver que dans la voiture d'Heurtebise. Cette radio devient pour lui une sorte d'obsession...



... Pour Orphée, cette radio est fascinante, des phrases semblent être prononcées de manière aléatoire comme "Les miroirs feraient bien de réfléchir davantage", phrases qu'il recopie soigneusement.




Mais la radio n'est pas la seule obsession d'Orphée. Cette femme mystérieuse qu'il a rencontré le fascine profondément...




Onirique, mystérieux, poétique, ce film joue avec nos rêves, nos peurs, nos fantasmes. Voyage entre l'inconscient, la vie, la mort, le destin, le temps, ce film est unique.

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commentaires

Naïka 06/03/2011 01:28


Nostalgie et Artémis, Marie Déa a été surtout la jeune châtelaine, Anne, des "Visiteurs du soir" de Marcel Carné tourné en 1942, un de mes films cultes, personnellement. Je crois que c'est celui
qui l'a lancée mais par la suite, cela a gêné sa carrière car elle avait vraiment été marquée par ce rôle. Ce film tourné sous l'Occupation est une splendeur.


Naïka 06/03/2011 01:19


Je connais ce film depuis très longtemps (je ne suis plus toute jeune...), l'ai vu plusieurs fois (à la télé), l'aime bien. Je n'ai jamais pu savoir qui chantait pendant la scène du début à la
terrasse du café. On entend en effet une voix chanter sans paroles avec je crois un accompagnement de guitare (je ne suis pas sûre).Une voix masculine. Parmi les chanteurs de l'époque, je pense à
Jacques Douai ou Jacques Jansen. Mais c'est peut-être un autre. Peut-être le savez-vous ? Merci si vous avez la réponse et merci de m'avoir lue. Amicalement.
P.S. J'aime beaucoup les films de cette époque et d'avant, des années 30 (qui étaient déjà des "vieux films" au programme des ciné-clubs quand j'étais jeune...).


érika 08/08/2010 21:54


Mon cher,
ce film est le génie de la lampe et son auteur est une ruche d'abeilles en verre!

Quand j'ai vu ce film pour la première fois, mon coeur conquis, s'est sentie très proche de Cocteau. J'ai adoré ce film de tout mon souffle. Je n'avais jamais rien vu d'aussi empreint de
poésie.
Je le vis comme un frère.
Il est de notre parenté.


Érika


nostalgie 18/11/2009 20:39


grosse erreur de ma part Artemis il s'agit de l'actrice Josette Day pour "la fille du puisatier" et non pas Marie Dea comme je l'ai indiqué.


Artemis 19/11/2009 20:55


Je n'ai jamais vu ce film... Ou je ne m'en souviens pas ... Mais je ne crois pas avoir déjà vu jouer Maria Dea (en
dehors de ce film)... Ma culture des vieux films est plus que lacunaire !!!


nostalgie 18/11/2009 10:10


Que de souvenirs surgissent avec cette panoplie de bons acteurs je crois me souvenir que Marie Déa a tourné dans "la fille du puisatier" Un film à succès pour cette époque
Hélas je n'ai pas eu la possibilité de voir beaucoup de films en noir et blanc