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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 11:42
Je viens de dévorer les tomes 3 et 4 des Enquêtes d'Enola Holmes, la petite soeur de Sherlock, écrits par Nancy Springer. Je dis "dévorer" car ces livres m'emportent et m'enthousiasment toujours autant ! J'adore le personnage d'Enola, les sentiments qui l'animent, et notamment la relation qu'elle entretient avec son frère Sherlock. C'est écrit avec brio, le style est vif, brillant, le vocabulaire riche. Un délice de lecture !



Dans le tome 3, Le Mystère des pavots blancs, le docteur Watson disparaît.

Dans le prologue de ce roman de Nancy Springer, on se retrouve dans un asile (rappelons que nous sommes à Londres en l'année 1889), où l'on tombe sur le fidèle ami de Sherlock Holmes interné sous le nom de Kippersalt. Et malgré ses protestations virulentes, personne ne cherche à vérifier ses dires ! Mais comment a-t-il bien pu arriver là ?

Puis notre héroïne apparaît, peu de temps après les terribles aventures du tome 2. Toujours à se cacher de ses frères (Mycroft, son tuteur, veut l'envoyer en pension pour en faire une jeune fille de bonne famille bonne à marier, ce contre quoi elle résiste ; elle veut garder à tout prix son indépendance et sa liberté), elle craint que sa couverture en tant que Miss Ivy Meshle, secrétaire du Dr Ragostin, spécialiste en disparitions, n'ait été compromise. D'ailleurs, le prénom Ivy n'est pas un hasard car Ivy (= lierre, en anglais) est le symbole de la fidélité. D'ailleurs, tout au long de ce tome (comme dans toute la série), la symbolique du langage des fleurs tient une place de choix. Et c'est tout à fait fascinant...

On retrouve aussi dans cette épisode cette chère Mrs Tupper, vieille femme sourde, mais sympathique et pas très curieuse, à qui Enola loue une chambre.

C'est en lisant les journaux qu'elle va découvrir la disparition du Dr John Watson, ce à quoi elle réagit immédiatement

"Je ravalai un soupir. Le Dr Watson, je le tenais en haute estime. Certes, je ne l'avais rencontré que trois fois : la première, le jour où il était venu consulter le fameux "spécialiste en recherches" par amitié pour Sherlock Holmes ; la deuxième, lorsque j'étais allée lui poser une question et qu'il m'avait donné un peu de bromure contre un soudain mal de tête ; la troisième, lors de cette funeste nuit où je lui avais amené une jeune blessée à soigner d'urgence. Mais c'était assez pour voir en cet homme - qui aurait pu être mon père - le type même du parfait gentleman anglais, solide, courtois, généreux, prêt à venir en aide à chacun. Il m'inspirait une confiance instinctive, un mélange d'admiration et de sourde tendresse assez proche de ce que j'éprouvais pour Sherlock. Car paradoxalement j'aimais ce frère aîné, même si je dois bien avouer que je ne le connaissais guère, lui non plus, en dehors des écrits de son ami Watson justement, Watson dont je dévorais les récits avec la même avidité que des millions de lecteurs en Angleterre - au point de les lire dans un périodique avant même leur parution en livre.
Mais pourquoi, pourquoi étais-je condamnée à devoir toujours me garder des gens que j'aimais le plus ?"


Son enquête l'amène à rencontrer la douce Mary Watson, l'épouse du Dr Watson, chez qui elle découvre un bouquet extrêment étrange, du moins à ses yeux car elle sait y lire la symbolique qu'il véhicule. Serait-ce un début de piste ?

Comme dans tous les tomes, on retrouve Enola, sa personnalité si attachante : ses doutes, sa volonté, sa peur de se faire retrouver et de perdre sa liberté, mais son besoin d'affection et de tendresse, la relation paradoxale qui la lie à son frère Sherlock, sa curiosité, son talent à dessiner et caricaturer, ses craintes...

A lire !

Tout comme le tome 4 que je vais vous présenter brièvement



Le secret de l'éventail (tome 4, et dernier traduit à ce jour) débute par un prologue : Sherlock et Mycroft discutant d'Enola. Car ils n'arrivent à la retrouver, cette jeune soeur ! Et Mycroft désespère d'en faire une jeune femme en tout point conforme à ce que la société de l'époque exige.

D'ailleurs, je crois que c'est une des choses que je préfère dans ces romans : les rapports entre ces frères et soeur, si complexes et si bien rendus qu'on ressent vraiment les émotions qui les animent.

Dans ce tome 4, on retrouve Lady Cecily Alistair, la jeune fille qu'Enola avait sauvé dans le tome 2. Et elle va à nouveau devoir déployer des trésors d'ingéniosité et d'intelligence, car cette pauvre Cecily se trouve à nouveau dans une situation de laquelle elle est prisonnière, dans tous les sens du terme. Mais je n'en dirais pas plus, pour vous laisser le plaisir de la découverte !!!

Allez, pour le plaisir, une petite citation de ce tome. Dans ce premier chapitre, Enola, qui a repris sa couverture d'Ivy Meshle, s'interroge. Elle désire rechercher sa mère, mais elle n'a pas encore commencé... Enfin pourquoi, se demande-t-elle ...

"Malgré quoi, on était en mai et je n'avais toujours rien engagé en ce sens, sans d'ailleurs pouvoir spécifier pourquoi - n'était que mes "affaires" me retenaient à Londres.
Affaires, vraiment ? Un toutou, une babiole et un tibia ?
Mais un client était un client, raisonnais-je. Aucun d'eux, et pour cause, n'avait rencontré en personne l'illustre (et fictif) Dr Ragostin. C'était "miss Meshle", sa fidèle assistante, qui avait rendu à la veuve éplorée son adorable bichon frisé, récupéré au bout de trois jours chez un commerçant véreux de Whitechapel, connu pour son négoce de chiens de race "recueillis errants". La même miss Meshle avait résolu en un tournemain l'énigme du rubis introuvable, en envoyant un gamin jeter un coup d'oeil au creux d'un nid d'une pie, à la cime d'un tilleul, non loin des fenêtres de la douairière. (Quel plaisir c'eût été pour moi de grimper là-haut moi-même ! Mais les convenances l'interdisaient.) Quant au précieux tibia du général d'armée, j'étais plus ou moins sur sa piste... lorsque le hasard me plaça sur une affaire plus palpitante et, l'avenir devait le démontrer, nettement plus brûlante."


Si vous voulez savoir quelle est cette affaire, précipitez vous sur les enquêtes d'Enola Holmes !!!



D'ailleurs, j'en profite pour vous inviter à découvrir le site de Nathan www.enolaholmes.fr, où vous pouvez découvrir le premier chapitre du premier tome ! C'est ici !
A déguster pour ceux qui ne sont pas encore tombées sous le charme de la petite soeur de Sherlock !

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Published by Artemis - dans Livres jeunesse
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commentaires

Pando 10/11/2009 17:01


J'adore cette série, même si je n'ai toujours pas lu le tome 4 (je l'ai marqué dans mon swap, du coup j'ose pas l'acheter xD).
J'avais trouvé le tome 3 peut-être un peu en dessous des deux premiers, mais quand même super agréable.