Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 11:54
Voilà un livre que j'ai dévoré et adoré ! Quatrième roman de Conan Doyle mettant en scène le célèbre Sherlock Holmes et son complice le Dr Watson, cette vallée de la peur nous emmène du 221b Baker Street (Londres) au manoir de Birlstone, puis en Amérique (pour la seconde partie du récit). Mystères, rebondissements, on ne s'ennuie pas une seconde ! Et surtout, l'ombre du professeur Moriaty, l'ennemi juré de Holmes, commence à s'étendre.


Tout commence avec Sherlock Holmes qui reçoit un message de Porlock, un homme mystérieux qui a décidé d'informer le fameux détective sur les faits et gestes du professeur Moriaty, illustre scientifique mais à la tête de la plus grande organisation criminelle, bien que son intelligence le mette au dessus de tout soupçon (et surtout de toute preuve le mettant en cause). Le dernier message de Porlock annonce une tragédie au manoir de Birlstone. Quelques instants plus tard, l'inspecteur MacDonald vient annoncer à Sherlock l'assassinat du propriétaire du manoir en question et lui demander son aide. Dans cette première partie intitulée "La tragédie de Birlstone", Holmes mène l'enquête, en essayant de démêler les fils de cette complexe histoire. Puis dans une seconde partie "Les éclaireurs", l'intrigue nous emmène en Amérique, où nous lisons le récit de ce qui s'est passé des années plus tôt, et qui a conduit à la tragédie de Birlstone.


Ce roman regroupe tout ce que j'aime dans les aventures de Sherlock Holmes : on voit le détective à l'oeuvre, on continue à faire sa connaissance, on voit ses forces et ses faiblesses. Et puis il y a le talent de Conan Doyle à créer des personnages, des situations, des atmosphères.

Ainsi, cette ouverture qui n'est pas très flatteuse pour le caractère de Holmes :

"J'incline à penser..., commençai-je.
- Et moi donc ! " coupa brutalement Sherlock Holmes.
J'ai beau me compter parmi les mortels les plus indulgents de la terre, le sens ironique de cette interruption me fut désagréable.
"Réellement, Holmes, déclarai-je sévèrement, vous êtes parfois un peu agaçant ! "
Il était bien trop absorbé par ses propres réflexions pour honorer mon reproche d'une réplique.


Et puis on commence à entendre parler de Moriaty. Certes, il n'est pas beaucoup présent, mais on sent son ombre, le danger qui rôde. Voici comment il est présenté pour la première fois :

"Et ce géant, Watson, n'est pas seulement formidable, mais sinistre. Sinistre au plus haut point. Voilà pourquoi je m'occupe de lui. Vous m'avez entendu parler du professeur Moriaty ?
- Le célèbre criminel scientifique, qui est aussi connu des chevaliers d'industrie...
- Vous allez me faire rougir, Watson ! murmura Holmes d'un ton désapprobateur.
- J'allais dire : "qu'il est inconnu du grand public".
- Touché ! Nettement touché ! s'écria Holmes. Vous développez en ce moment une certaine veine d'humeur finaude, Watson, contre laquelle il faut que j'apprenne à me garder. Mais en traitant Moriaty de criminel, vous le diffamez aux yeux de la loi : et voilà le miraculeux ! Le plus grand intriguant de tous les temps, l'organisateur de tout le mal qui se trame et s'accomplit, l'esprit qui contrôle les bas-fonds de la société (un esprit qui aurait pu façonner à son gré la destinée des nations), tel est l'homme. "


Encore une petite citation, alors que l'inspecteur MacDonald vient d'annoncer à Holmes qu'un monsieur Douglas, de Birlstone Manor House, vient d'être "affreusement assassiné".

"C'était pour ce genre d'instants dramatiques que mon ami existait. Il serait excessif de dire qu'une information aussi extraordinaire le bouleversa ou même l'émut. Absolument dépourvu de cruauté, il s'était néanmoins endurci à force de vivre dans le sensationnel. Sur son visage je ne lus rien de l'horreur qui me secouait : j'y découvris plutôt l'expression calme et intéressée du chimiste qui voit d'une solution saturée à l'excès, les cristaux tomber en place." (début du chapitre II)

Eh oui, Sherlock Holmes vient de voir arriver la suite logique ! On l'a prévenu d'un meurtre, le meurtre a été accompli, et il peut continuer son travail. Les éléments se mettent en place, sa logique peut travailler sur les faits.

Et voici une autre facette de la personnalité de Holmes : il ne dévoile pas ses résultats au fur et à mesure, il a besoin de vérifier les faits, être sûr de la ligne logique des événements. Et il a un certain goût pour le sensationnel !

"Watson, dit-il, revient toujours sur un thème qui lui est cher : il déclare que dans la vie réelle je suis un dramaturge. Il y a en moi une certaine veine artistique qui me réclame avec insistance sur la scène. Notre profession, monsieur Mac, serait bien terne, bien sordide, si nous ne procédions pas de temps en temps à une savante mise en scène pour glorifier nos résultats. L'inculpation brutale, la main au collet, que peut-on faire d'un pareil dénouement ? Mais la subtile déduction, le piège malin, l'habile prévision des événements à venir, le triomphe vengeur des théories les plus hardies, tout cela n'est-il pas la fierté et la justification du travail de notre vie ? "


Voici donc un personnage qui me fascine de plus en plus, et des livres que je dévore avec plaisir !

Partager cet article

Repost 0
Published by Artemis - dans Lire - lire - lire
commenter cet article

commentaires