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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 09:19

Je sais que je ne tiens plus vraiment ce blog à jour régulièrement, mais j'avais particulièrement envie de partager avec vous ce livre qui m'a énormément plu, Trois filles et leurs mères, de Sophie Carquain, qui regroupe des biographies romancées de Marguerite Duras, Simone de Beauvoir et Gabrielle Colette, sous l'angle de leur rapport à leur mère et à l'écriture.

 

Trois-filles-et-leurs-meres.jpg

 

Pour moi qui ai toujours du mal à lire les biographies - certes passionnantes mais si denses que je suis frustrée d'oublier les trois quarts de ma lecture au fur et à mesure - je me suis régalée avec cet ouvrage, car en rendant vivantes ces trois grandes figures de la littérature française, l'auteur nous permet de les découvrir dans leur quotidien, de partager avec elles leur enfance, leurs rencontres décisives, l'atmosphère dans lequel elles baignaient.

 

N'ayant jamais lu ces trois auteurs (hors des extraits) et les connaissant fort mal, je ne peux pas juger de la rigueur biographique. En revanche, les trois textes (et les liens faits entre eux), m'ont donné très envie de les découvrir. J'ai beaucoup apprécié l'introduction de chaque biographie où l'on entend la voix de Sophie Carquain, donnant une précieuse proximité entre lecteur et livre, comme si l'auteur nous proposait de nous prendre la main pour entrer dans la biographie, en nous racontant, de manière personnelle et attachante, la manière dont les auteurs ont marqué sa vie.

 

Il faut aussi saluer le cahier central, dans lequel on retrouve des photos nous rappelant les textes que l'on vient de lire, et permettant de voir la réalité de l'enfance des trois écrivains.

 

Dans la première biographie, le choc est direct et on est emporté par la force de l'écriture de Marguerite Duras, dans Barrage contre le Pacifique. Face une mère au caractère très particulier qui donne sa préférence à son garçon aîné, à l'attitude paradoxale voire destructrice (comme lorsqu'elle confie à sa fille, une enfant, un bébé recueilli qui est déjà très faible), on voit la jeune Marguerite survivre dans l'Indochine des années 1920 et découvrir l'écriture, et proclamer cette envie d'écrire alors que sa mère, Marie Donnadieu, rêve de la voir poursuivre ses études de mathématiques où elle excelle.

 

Dans la deuxième, on change radicalement d'atmosphère avec la jeune Simone de Beauvoir, enfant précoce face à une mère froide et sévère dans la bourgeoise du Paris du début du siècle. De ses colères à sa soif d'apprentissage et de liberté, jusqu'à la rencontre avec Sartre, on suit, on vit et on comprend mieux comment se sont constitués les goûts et l'écriture de la philosophe.

 

Enfin, dans la troisième biographie, on découvre Sido et sa fille Gabrielle Colette dans la Bourgogne de la fin du XIXe siècle. Mère fusionnelle, elle pousse sa fille à observer la nature et les petites choses de la vie. Pour elle, l'enfant peut tout comprendre. On voit comment cette observation perpétuelle a pu nourir le style de Colette. Mais c'est aussi l'adolescence et le besoin de ce détacher de cette mère omniprésente.

 

Chacune des biographies est tour à tour touchante, amusante, marquante. De l'enfance à la mort douleureuse du parent qui a eu une place si centrale - qu'elle soit faite de tendresse, d'indifférence ou même de violence (physique et/ou morale) -, ce livre réussi nous permet de voir avec un autre regard ces monuments de la littérature. En les voyant via le prisme de leur enfance et de leur rapport avec leur mère, on gagne une proximité que l'on ne trouve pas dans la plupart des biographies, qui nous touche et nous permet de nous sentir concernés directement, par cette thématique universelle du rapport mère-fille.

 

Un très beau livre des éditions Charleston.

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 11:47

Voilà longtemps que je n'ai pas posté sur mon blog, étant plus souvent à écrire sur Onirik.net !

Je me suis aussi remise à faire un peu de broderie, et j'avais envie de le partager avec vous !

 

Cette grille vient du site Grilles Point de croix :

 

point de croix

 

Et également ce très chouette marque-page (mais pour lequel il me reste les finitions à faire ... le plus dur pour moi qui n'en ai pas l'habitude ni l'habileté !). Cette grille vient du site Modes et Travaux :

 

point de croix 2

 

A bientôt !


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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 12:36

Voilà, décembre est déjà là, Noël approche... Et j'ai le parfait cadeau pour vous ! Que vous soyez fan de la série ou que vous souhaitiez la découvrir et en savoir plus sur l'époque, ce livre ne manquera pas de vous plaire. Enfin j'espère, mais de mon côté, c'est un coup de coeur !

 

Le_monde_de_Downton_Abbey_large.jpg 


Le Monde de Downton Abbey est un magnifique beau-livre consacré à la célèbre série britannique. Bien documenté, passionnant et surtout superbement illustré, il dévoile non seulement au lecteur de nombreux éléments sur la série mais apporte de nombreuses informations sur l’époque, le contexte historique et social, la vie quotidienne, etc.

 

Ainsi si vous connaissez la série, ne craignez pas un simple livre avec les plus belles photos du tournage, vous y apprendrez de multiples détails tant sur le style de vie des personnages, que sur les sources et inspirations de Downton Abbey. Cela permet vraiment de se rendre compte à quel point le travail de toute l’équipe a été extrêmement réfléchi et minutieux. Cela explique aussi sans doute le succès de la série, qui semble si réaliste... Un vrai voyage dans le passé !

 

Si vous ne connaissez pas cette série, mais que l’Angleterre du début du XXe siècle vous intéresse, alors vous trouverez aussi votre bonheur dans ce livre. Du shampoing d’une dame de la fin du XIXe, en passant par la journée type des domestiques ou encore les différentes tenues des femmes de la haute société, et bien d’autres encore ce livre balaie toutes les thématiques évoquées dans Downton Abbey.

 

Ce livre est très bien structuré et vous permet d’aller directement au sujet qui vous intéresse. Mais vous pouvez tout aussi bien choisir de tout d'abord le feuilleter et lire les encarts ou les citations qui vous plaisent. Les photos sont tout à fait pertinentes, que ce soit des photos d’époque ou du tournage. D’ailleurs, c’est l’occasion d’admirer le travail extraordinaire des costumières de Downton Abbey, qui ont fait un travail exceptionnel ! J’ai été étonné d’apprendre que l’on pouvait louer une robe d’un film précédent, et même utiliser des robes d’époques dans un film !

 

Pour résumer, un gros coup de cœur, sur tous les plans !


Lu dans le cadre des Lectrices Charleston

 

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 19:37

Le pays sous le ciel est un véritable voyage, fait d’aventures et de rencontres, dans la Chine du début du XXe siècle.

 

Le_Pays_sous_le_ciel_large.png

 

Elvira de Poulain doit se rendre loin de chez elle, en Chine, à la suite du décès de son époux. Espagnole d’origine, elle emmène avec elle sa nièce Fernanda – pardon, Fernandina ! – fort peu enthousiaste de nature. Pour Elvira, qui s’attendait à un héritage qui lui permettrait de s’adonner plus librement à sa passion, la peinture, dès son retour à Paris, elle n’est pas au bout de ses surprises. Et surtout, son séjour se prolonge plus que prévu ! Car c’est un héritage fait de dettes, d’opium et de mafia qui l’attend. Poursuivie par la dangereuse Bande Verte qui veut à tout prix récupérer une des antiquités de son mari, elle est forcée de faire confiance à un antiquaire chinois, M. Jiang, un journaliste irlandais, Tichborne et un orphelin chinois, Biao surnommé Petit Tigre. Cette troupe improbable, emmenée par M. Jiang, se retrouve en possession du « coffret aux cents joyaux », qui détient le secret de la tombe du premier empereur. C’est donc dans une véritable chasse au trésor qu’ils s’engagent, qui les mène aux quatre coins de la Chine. Une de leurs étapes les conduit au monastère de Wudang, certes visant une recherche d’indices nécessaires pour poursuivre leur chemin, mais qui va surtout permettre à Elvira et Fernanda de se révéler à elles-mêmes.

 

J’ai beaucoup aimé ce roman, cette quête qui permet à une femme qui n’avait rien d’une héroïne d’aventures, d’être emportée dans une quête qu’elle n’aurait ni imaginée, ni désirée, mais qui pourtant va être déterminante pour elle. Vu par les yeux de cette Européenne, le lecteur découvre peu à peu la Chine et sa culture fascinante.


En revanche, j’ai trouvé que le roman souffrait de quelques longueurs, notamment lorsqu’Elvira fait un bilan (de sa journée, de son voyage). J’aurais aussi aimé que l’auteur aille plus loin dans la description du quotidien de la Chine du début du XXe, peut-être de manière plus réaliste. D’ailleurs, au final, j’ai l’impression qu’on ressent peu la dureté des conditions climatiques et environnementales auxquelles sont soumis les personnages et pas assez les difficultés auxquelles ils font face (je ne parle pas des événements, qui sont bien évidemment terrible – attaques, blessures… - mais de la manière dont ils sont exposés).


Mais mon coup de coeur reste le passage au monastère de Wudang, avec les rencontres que fait Elvira dans ce lieu. L’évolution du personnage de Biao est aussi remarquable : le voir prendre confiance et s’affirmer est très touchant.

 


Lu dans le cadre des Lectrices Charleston

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 20:00

Des pêches pour monsieur le curé est la suite de Chocolat, de Joanne Harris, dont nous parlions récemment !

COUV_Des_peches_pour_monsieur_le_cure_large.jpg

 

Nous voici 8 ans après Chocolat. Vianne Rocher continue à faire des chocolats, installée sur une péniche à Paris avec sa famille : son aînée Anouk, sa seconde fille Rosette et le père de celle-ci, Roux, que nous avions rencontré dans le premier livre. Soudain, tel un deus ex machina, Vianne reçoit la lettre d’un fantôme, Armande Voizin, cette vieille dame si attachante et originale du premier tome. Armande est morte, nous le savons, mais elle avait laissé des instructions à son petit-fils, Luc. L’arrivée de cette lettre est un peu surprenante, et m’est apparue tout d’abord comme un artifice d’écrivain. Finalement, elle correspond bien à l’univers de Chocolat et des Pêches. Mais laissons ce détail de côté et avançons…

 

Bien vite, nous retrouvons nos marques : la narration à deux voix, celle de Vianne et celle de Reynaud, le prêtre inflexible. On a l’impression de ne pas avoir quitté Chocolat, et d’être quasi dans la redite, même si le contexte change. Cette sensation vient sans aucun doute du fait que j’ai enchaîné les deux livres. Il est vrai que ces premiers chapitres emmènent le lecteur dans cette atmosphère si particulière qu’a su créer l’auteur, grâce au microcosme d’un village de campagne et à son héroïne voyageuse, non dénuée d’ésotérisme (nous retrouvons la symbolique du vent, et les cartes de tarot de sa mère, que Vianne tire).

 

Après l’homme en noir, c’est le mystère de la femme en noir que va tenter de résoudre Vianne. En effet, à Lansquenet, une communauté maghrébine s’est établie et intégrée. Mais l’arrivée d’une femme silencieuse, mystérieuse, dissimulée derrière un niqhab noir intrigue. Pourquoi ? Est-ce la religion le cœur du problème, comme le pense Reynaud. Ou au contraire n’y a-t-il pas une histoire personnelle qui expliquerait les tensions qui s’accumulent ? C’est ce que Vianne tente d’éclaircir, toujours aussi empathique et généreuse – j’aime particulièrement ce que dégage ce personnage.  En effet, elle ne s’arrête pas aux apparences, mais cherche à déchiffrer chaque personnalité, dans son individualité.

 

Le roman décolle vraiment, à mes yeux, lorsque Reynaud nous surprend, au moment du sauvetage de la jeune Alyssa des eaux de la Tanne. Les enjeux sont posés, le rythme s’accélère et il n’est alors plus possible de lâcher le livre ! Le personnage de Reynaud nous montre un autre visage, et cette évolution donne une tonalité propre à cette suite, avec une nouvelle galerie de personnages qui ne manquent pas de nous surprendre, et même stupéfier.

 

Des Pêches pour Monsieur le curé est un très joli roman sur l’amitié et la tolérance. Surprises et rebondissements attendent le lecteur, dans une atmosphère emplie d’odeurs, de saveurs, de sensations, de souvenirs…  La préparation de la confiture de pêches est d’ailleurs un bonheur : on voudrait être là, près de Vianne, et profiter des parfums qui se dégagent…


Lu dans le cadre des Lectrices Charleston

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 19:36

Le Chocolat vous dit peut-être quelque chose... C'est normal ! Il s'agit d'un film sorti en 2001, avec pour vedettes Johnny Depp et Juliette Binoche. Le livre dont je vous parle aujourd'hui est celui qui a inspiré le film.

 

chocolat.jpg

 

Vianne Rocher et sa fille Anouk arrivent dans le village de Lansquenet, près d’Agen. Vianne a l’esprit nomade, voyageant beaucoup comme elle l’a fait toute sa vie avec sa mère. Mais en arrivant à Lansquenet, elle sent que peut-être, c’est un lieu qu’elle pourrait habiter. Et elle décide d’ouvrir une chocolaterie. Pour certains habitants, au premier rang desquels le curé du village, Reynaud, c’est un véritable affront. Pour d’autres, comme Armande, une grand-mère haute en couleur, c’est une joie !

 

Le Chocolat est un récit à deux voix : d’un côté, Vianne Rocher, et l’autre Reynaud, le curé, l’Homme noir qui se confie, se confesse pourrait-on dire, au précédent prêtre de la paroisse, dans le coma. Car Reynaud est loin d’être un saint, il a un passé trouble, qu’il essaie d’expier par des privations multiples  et un contrôle constant, s’interdisant la moindre sensation, le moindre plaisir. Son attitude est tout aussi inflexible envers les fidèles de sa paroisse. Sa vision de l’église est plus que limitée et toute en sévérité. Il est l’opposé de Vianne, qui représente la joie de vivre, l’instinct, les sens.

 

Voici une jolie histoire aux personnages soit très attachants, soit assez détestables, qui nous plonge dans l’atmosphère d’un village de campagne, avec ses commérages et certains de ses habitants à l’esprit de clocher très prononcé. C’est sans doute le reproche que l’on peut faire à ce roman : les personnages ont des personnalités révélant peu de surprises. J’ai d’ailleurs eu du mal à rentrer dans l’histoire, me demandant un peu quel était l’enjeu. Mais je me suis laissée porter par le récit, espérant que Vianne trouverait enfin la sérénité et un endroit où elle se sentirait enfin chez elle.

 

A préciser également, cette nouvelle édition est préfacée par Tatiana de Rosnay !

 


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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 18:33

Les Quatre Grâces, de Patricia Gaffney, raconte l'histoire d'un groupe d’amies, de véritables amies, qui se soutiennent et sont là les unes pour les autres, à des tournants de leur existence, depuis près de dix ans.


images.jpg

 

C’est l’histoire attachante de quatre femmes, mais c’est aussi quatre histoires de femmes. Les thèmes évoqués touchent à l’amitié, bien sûr, mais aussi au couple, de son équilibre aux déséquilibres, du désir d’enfant au divorce, mais du bonheur de trouver l’âme sœur aussi. Avec pudeur et réalisme, le roman aborde également le thème du cancer et de la vie qui continue, avec la maladie.

 

On suit donc Emma – la célibataire qui multiplie les histoires malheureuses –, Lee – heureuse dans son mariage avec Henry, mais malheureuse dans un désir d’enfant qu’ils n’arrivent pas à combler –, Rudy – mariée depuis des années elle aussi mais sans réussir à trouver son équilibre et sa place, elle consulte d’ailleurs un psychanalyste depuis des années –  et Isabel – la cinquantaine, divorcée, et pilier de ce groupe d’amies par sa sagesse, sa douceur.  Chacune des quatre amies est à son tour narratrice, d’un chapitre à l’autre.

 

On regrettera simplement le côté un peu prévisible de l’histoire et une différence stylistique pas assez marquée d’une voix à l’autre. Toutefois le plaisir de la lecture est bien présent, et les personnages nous touchent tour à tour. On a envie de se joindre à leur groupe, de partager cette chose si particulière qui les unit et contribue à leur joie de vivre. Grâce à cette amitié, elles trouvent un soutien dans les épreuves et partagent la gaieté avec d’autant plus d’allégresse.

 

 

Lu dans le cadre des Lectrices Charleston

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 08:47

Alors que le temps se décide enfin à nous offrir un peu de soleil et de ciel bleu, retour en images sur un printemps fort tardif, avec ce premier mai pas comme les autres...

 

Curieuse Artemis 1

 

Curieuse Artemis 2

 

Curieuse Artemis 3

 

Curieuse Artemis 4

 

Curieuse Artemis 5

 

Bonne journée à toutes et à tous !

13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 08:34

Voici un livre qui arrive à point nommé pour le printemps ! C'est un roman contemporain inspiré par les romans de Jane Austen, et racontant l'histoire d'une jeune femme complètement fan de cette grande dame de la littérature anglaise du XVIIIe siècle. Il m'apparaît dans le même style que des romans tels que ceux de Victoria Connelly (A weekend with Mr Darcy, The perfect hero, etc.) Il y a probablement d'autres comparaisons plus pertinentes (vos avis sont les bienvenus !), mais j'ai peu lu de livres dans cette lignée. 


 Austenland_large.jpg

 

Coup de foudre à Austenland est donc l'histoire de Jane Hayes, une jeune Américaine obsédée par le personnage de Mr Darcy (plus d’ailleurs celui de l’adaptation réalisée par la BBC que celui des lignes de Jane Austen) et dont la vie amoureuse semble tout sauf heureuse. Une grande tante joue le rôle de la fée marraine en lui offrant, via son testament, un séjour en Angleterre à Austenland, où les fantasmes de riches femmes rejoignent la réalité : vivre dans l’Angleterre de notre chère Jane Austen, ou plus précisément, vivre pendant quelques semaines dans les décors et costumes d’une adaptation austénienne. Les portables et autres appareils électroniques sont confisqués, et tout est fait pour que le voyage dans le temps soit le plus réaliste possible, tant au niveau des activités que de la manière de s’exprimer (et attention aux anachronismes, car la maîtresse des lieux veille !). Ces femmes évoluent face à des acteurs (très vite on voit apparaître le Mr Darcy et le Mr Hurst). Cette immersion dans son rêve réussira-t-il à montrer à Jane qu’elle poursuit une chimère et l’aidera-t-elle à se retrouver elle-même ?

 

Coup de foudre à Austenland est un roman qui se lit avec plaisir, rapidité, fluidité. L’héroïne, Jane, nous est d’emblée sympathique. C’est une jeune femme dynamique qui n’a pas eu de chance en amour (comme nous le prouve la liste de ses petits amis dont les brefs récits s’intercalent entre les chapitres), et qui surtout, comme la plupart d’entre nous, adore Jane Austen. Et ses héros que Jane Hayes place en idéaux masculins.

Mais que penser de ces femmes qui volontairement, contrairement à Jane, viennent se faire conter fleurette par des acteurs (car ce sont des acteurs) ? qui jouent à tomber amoureuses de leurs fantasmes selon des scenarii convenus à l’avance ? J’avoue que cela m’a laissé avec un sentiment de malaise latent.

Cependant il est vrai que l’on ne peut bouder son plaisir à voir ces dames s’ennuyer à la broderie ou s’enthousiasmer à l’idée du bal à venir !

 

Maintenant, j’attends avec impatience l’adaptation qui, j’espère, sera légère et drôle, ce roman s’y prêtant parfaitement.

 

austenlandposter.jpg

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 22:47

Le Châle de cachemire est un formidable voyage et une belle aventure humaine.

 

Le_Ch_le_de_cachemire_large.jpg

 

Si j’ai eu un peu de mal à passer les premières pages, une fois le lever de rideau, on ne peut plus se détacher de ce qui se passe sur scène.


A l’occasion du décès de leur père, Mair, son frère et sa sœur se retrouvent dans la maison familiale. Caché au fond d’un tiroir, Mair découvre un châle indien magnifique ayant appartenu à sa grand-mère Nerys, d’une rare finesse d’exécution, accompagné d’une boucle de cheveux ne pouvant appartenir à aucun des membres de sa famille.  Pour elle, c’est un signal. Mair qui se sent sans attache… c’est décidé, elle va partir là-bas, en Inde, pour retrouver l’histoire de ses grands-parents. Quelle était la vie de son grand-père gallois missionnaire ? A quoi ressemblait la vie de son épouse ?


La narration alterne les deux époques, et le lecteur s’attache aux deux héroïnes, Nerys et Mair. Chacune traverse des épreuves de vie, rencontre des personnalités qui vont les marquer. Et surtout toutes deux, à leur manière, vont se laisser charmer par l’Inde, malgré la pauvreté et les troubles.


Ce livre est particulièrement bien écrit : le lecteur se sent emporté à l’autre bout du monde, au milieu des odeurs d’épices. Loin de décrire un paysage de carte postale, le récit nous emmène, avec beaucoup de pudeur, dans la pauvreté, la rigueur de la vie quotidienne, voire parfois la désolation. Mais c’est aussi le récit de la solidarité, du soutien, de la force de caractère et de la beauté sous ses diverses formes.


Aux côtés des personnages, le châle de cachemire occupe une place à part entière. L’auteur nous donne à lire son histoire, nous donne à voir la minutie avec laquelle il a été créé, et toutes les étapes de la laine sale prélevée sur les animaux à sa somptuosité finale. C’est tout simplement passionnant et surtout on a l’impression de le voir se créer sous nos yeux ébahis, de manière incarnée.

 

J'ai particulièrement aimé la manière de décrire l'Inde, sa réalité, ses odeurs, ses couleurs et l'histoire de Neyrs est celle qui m'a le plus touchée et intéressée. Une jolie réussite que ce roman !

 

Lu dans le cadre des lectrices Charleston

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